Un scénario à se casser la figure, mais Armen Godel réussit à imposer un style remarquable, ainsi qu’une vision du monde parfaitement cohérente dans l’absurde et le désespoir. L’histoire, à proprement parler, traîne en longueur comme la vie qui ne change pas pour celui qui a renoncé à comprendre (comprendre quoi?), et ne vit que d’attente désabusée. Ballotté, dérivant d’un rôle à l’autre, d’une province lugubre à l’autre, Louis n’a pour surnager que sa passion et l’espoir qu’elle nourrit encore, paradoxalement: «Dès le départ déjà, le cœur n’y était qu’à moitié, sans cesse tourné en défiance, par impossibilité ou par peur de s’aimer.» Lavinia, même présente, même dans l’étreinte, crûment, froidement décrite, paraît lointaine, ailleurs déjà, comme vouée à un éternel départ. Quant aux amis, aux collègues, ils errent eux aussi dans le monde secret, n’offrant guère de secours aux autres. Livre noir, à l’atmosphère de cauchemar rampant, dont l’empreinte désespérée reste longtemps à l’esprit du lecteur, malgré la fin en échappée heureuse, qui conserve d’ailleurs un aspect passablement funèbre: «Les couleurs elles-mêmes se délavent, le bleu et le gris se dissolvent, et pâlissent. Tout est avalé, absorbé. Ne reste qu’un grand vide dépourvu de cadre.»
Revue de presse2
Un scénario à se casser la figure, mais Armen Godel réussit à imposer un style remarquable, ainsi qu’une vision du monde parfaitement cohérente dans l’absurde et le désespoir. L’histoire, à proprement parler, traîne en longueur comme la vie qui ne change pas pour celui qui a renoncé à comprendre (comprendre quoi?), et ne vit que d’attente désabusée. Ballotté, dérivant d’un rôle à l’autre, d’une province lugubre à l’autre, Louis n’a pour surnager que sa passion et l’espoir qu’elle nourrit encore, paradoxalement: «Dès le départ déjà, le cœur n’y était qu’à moitié, sans cesse tourné en défiance, par impossibilité ou par peur de s’aimer.» Lavinia, même présente, même dans l’étreinte, crûment, froidement décrite, paraît lointaine, ailleurs déjà, comme vouée à un éternel départ. Quant aux amis, aux collègues, ils errent eux aussi dans le monde secret, n’offrant guère de secours aux autres. Livre noir, à l’atmosphère de cauchemar rampant, dont l’empreinte désespérée reste longtemps à l’esprit du lecteur, malgré la fin en échappée heureuse, qui conserve d’ailleurs un aspect passablement funèbre: «Les couleurs elles-mêmes se délavent, le bleu et le gris se dissolvent, et pâlissent. Tout est avalé, absorbé. Ne reste qu’un grand vide dépourvu de cadre.»
Isola Bell a dramatise la passion et l’énigme de l’existence. Armen Godel nous offre un superbe roman initiatique…
Isola Bell a dramatise la passion et l’énigme de l’existence. Armen Godel nous offre un superbe roman initiatique…