Reste avec nous et autres récits

Genre
Récits
Année de parution
1995
ISBN
2-88241-060-3
Nb. de pages
100

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Revue de presse
1

Si l’attention réveille la mémoire, n’en va-t-il pas de même pour tel deuil? Il y a les mots entendus, ceux prononcés, et plus encore les attitudes, les retenues, les fleurs et les cloches. Reste avec nous , en relatant le service funèbre d’Armand, avoue l’essentiel, balbutie ce que chacun redoute et traverse. Chessex a heureusement retenu à la suite de ce sobre récit un poème qui donne voix d’outre-tombe à une femme: «Je suis morte, dit-elle. J’ai le temps. Je pense à nos étés, je vous revois dans la poussière. Je retrouve les moissons, le sang et le lait, les maladies: toute la fatigue de vous aimer. Pardonnez-moi. Même au creux de cette cave profonde, je sais que je vous porterai toujours.» À l’émotion de la séparation succèdent celles de l’enfance, à Payerne en Romandie, que ce recueil célèbre également. Ville des souvenirs et des portraits, mais aussi ville de la mémoire lourde d’un crime nazi en 1942, lequel amena aux yeux de l’enfant d’alors la «guerre dans Payerne». Si cette réédition de Reste avec nous s’est allégée des quelques pages de poèmes qui annonçaient le Portrait des Vaudoi s (1969), elle s’est enrichie d’un texte inédit, une sorte de testament, aux accents de l’Ecclésiaste, intitulé Les Chaumes d’août . Un vieil homme, au soir de sa vie, relit son existence devant Dieu, tente de rassembler devant Celui qui détient le temps les fragments épars de son existence. Ainsi, remis sur le métier, Reste avec nous a gagné en unité et en pureté, comme s’il ne restait que l’essentiel des pages publiées il y a déjà trente ans.

Si l’attention réveille la mémoire, n’en va-t-il pas de même pour tel deuil? Il y a les mots entendus, ceux prononcés, et plus encore les attitudes, les retenues, les fleurs et les cloches. Reste avec nous , en relatant le service funèbre d’Armand, avoue l’essentiel, balbutie ce que chacun redoute et traverse. Chessex a heureusement retenu à la suite de ce sobre récit un poème qui donne voix d’outre-tombe à une femme: «Je suis morte, dit-elle. J’ai le temps. Je pense à nos étés, je vous revois dans la poussière. Je retrouve les moissons, le sang et le lait, les maladies: toute la fatigue de vous aimer. Pardonnez-moi. Même au creux de cette cave profonde, je sais que je vous porterai toujours.» À l’émotion de la séparation succèdent celles de l’enfance, à Payerne en Romandie, que ce recueil célèbre également. Ville des souvenirs et des portraits, mais aussi ville de la mémoire lourde d’un crime nazi en 1942, lequel amena aux yeux de l’enfant d’alors la «guerre dans Payerne». Si cette réédition de Reste avec nous s’est allégée des quelques pages de poèmes qui annonçaient le Portrait des Vaudoi s (1969), elle s’est enrichie d’un texte inédit, une sorte de testament, aux accents de l’Ecclésiaste, intitulé Les Chaumes d’août . Un vieil homme, au soir de sa vie, relit son existence devant Dieu, tente de rassembler devant Celui qui détient le temps les fragments épars de son existence. Ainsi, remis sur le métier, Reste avec nous a gagné en unité et en pureté, comme s’il ne restait que l’essentiel des pages publiées il y a déjà trente ans.

Serge Molla
Bulletin critique du Livre français