Théâtre en CamPoche 13

Théâtre I

Genre
Théâtre
Année de parution
2010
ISBN
978-2-88241-265-2
Collection
Théâtre en CamPoche 13
Nb. de pages
630

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Revue de presse
5

Saluons en ce pionnier romand l’artiste d’une œuvre considérable, qu’il a pris soin de présenter de façon si bien documentée, et donc si passionnante à lire et à consulter, dans cette impressionnante édition de son Théâtre I et II , et louons Philippe Morand et Bernard Campiche de leur nécessaire initiative.
Et ,
pour mettre un terme à cette brassée de souvenirs, je veux dire ma tendresse et mon émerveillement pour le plus modeste, apparemment, de ses textes, mais aussi le plus exemplaire, Solo, trente-deux petites pages. Il n’a pas été écrit «dans la chambre », mais dans la cuisine d’une maison villageoise d’Astano, au Tessin. Dans la lumière méridionale, et l’ombre fraîche, d’un seul élan, du 12 au 18 juillet 1976. Par amitié pour un acteur: «Une sorte de conducteur de poids lourd, comme on en rencontre rarement dans le monde du théâtre. J’appréciais la vivacité de son œil, son rire généreux, son langage volubile, sonore, imagé. Il jouait comme j’aime qu’on joue : avec le ventre autant qu’avec la tête, portant jusqu’au plus profond de lui-même le personnage dont il se chargeait.» – « Tu ne veux pas m’écrire un monologue?» m’avait-il dit. J’écrivis Solo pour lui. Sans nécessité de décor ou d’accessoires. Qu’il puisse partir seul sur les routes, comme un baladin, emportant le théâtre dans sa poche. »
Le théâtre de Liègme est tout entier dans Solo . La réalité crue, la véracité de l’histoire, l’esquisse nerveuse et précise des nombreux personnages par le seul Paulo, un rythme fabuleux de la langue, soutenu mais varié infiniment, le combat élémentaire pour la vie, brut et brutal, un tournoiement haletant des rebondissements, l’émotion qui sourd imparablement. Il y a ici une royauté du monologue, qui laisse si libre l’imagination des spectateurs.
Les fables les plus belles sont pourtant fragiles comme des bulles de savon : Bernard m’apprend ce soir au téléphone que peu de temps après vint la rupture fracassante avec l’acteur de Solo . Mais quoi! les larmes n’ont jamais pu ternir la beauté du drame.

Saluons en ce pionnier romand l’artiste d’une œuvre considérable, qu’il a pris soin de présenter de façon si bien documentée, et donc si passionnante à lire et à consulter, dans cette impressionnante édition de son Théâtre I et II , et louons Philippe Morand et Bernard Campiche de leur nécessaire initiative.
Et ,
pour mettre un terme à cette brassée de souvenirs, je veux dire ma tendresse et mon émerveillement pour le plus modeste, apparemment, de ses textes, mais aussi le plus exemplaire, Solo, trente-deux petites pages. Il n’a pas été écrit «dans la chambre », mais dans la cuisine d’une maison villageoise d’Astano, au Tessin. Dans la lumière méridionale, et l’ombre fraîche, d’un seul élan, du 12 au 18 juillet 1976. Par amitié pour un acteur: «Une sorte de conducteur de poids lourd, comme on en rencontre rarement dans le monde du théâtre. J’appréciais la vivacité de son œil, son rire généreux, son langage volubile, sonore, imagé. Il jouait comme j’aime qu’on joue : avec le ventre autant qu’avec la tête, portant jusqu’au plus profond de lui-même le personnage dont il se chargeait.» – « Tu ne veux pas m’écrire un monologue?» m’avait-il dit. J’écrivis Solo pour lui. Sans nécessité de décor ou d’accessoires. Qu’il puisse partir seul sur les routes, comme un baladin, emportant le théâtre dans sa poche. »
Le théâtre de Liègme est tout entier dans Solo . La réalité crue, la véracité de l’histoire, l’esquisse nerveuse et précise des nombreux personnages par le seul Paulo, un rythme fabuleux de la langue, soutenu mais varié infiniment, le combat élémentaire pour la vie, brut et brutal, un tournoiement haletant des rebondissements, l’émotion qui sourd imparablement. Il y a ici une royauté du monologue, qui laisse si libre l’imagination des spectateurs.
Les fables les plus belles sont pourtant fragiles comme des bulles de savon : Bernard m’apprend ce soir au téléphone que peu de temps après vint la rupture fracassante avec l’acteur de Solo . Mais quoi! les larmes n’ont jamais pu ternir la beauté du drame.

Charles Joris
Préface inédite, février 2010

Liègme et ses personnages
En 2000, Jean-Blaise Junod filmait Bernard Liègme dans sa petite maison rose de Boudry. Il y disait «attendre» ses personnages pour écrire ses pièces de théâtre qui ont tant animé les scènes depuis la cofondation du Théâtre populaire romand avec Charles Joris notamment. Des grands plateaux, à 20 ou 30 rôles, jusqu’aux pièces intimistes, Bernard Liègme a imposé son écriture rocailleuse, précise. L’écrivain donne voix à des personnages forts. Sinon, dit-il malicieusement à Jean-Blaise Junod, autant ne rien écrire… Seuls les personnages font une pièce.
Tantôt sensuelle, tantôt rêche, tendue, parfois drôle, l’écriture de Bernard Liègme est un modèle du genre. D’autant qu’elle explore des scènes qui résistent au temps: la pression du fonctionnariat sur l’être humain, la conscience plutôt que le militantisme, l’individu face à l’absurde (ou presque), bref un théâtre politique au sens où il invite sur la place de la cité à une réflexion de ce «vivre ensemble» si problématique. Deux tomes réunissent ses pièces écrites entre 1958 et 2003.

Liègme et ses personnages
En 2000, Jean-Blaise Junod filmait Bernard Liègme dans sa petite maison rose de Boudry. Il y disait «attendre» ses personnages pour écrire ses pièces de théâtre qui ont tant animé les scènes depuis la cofondation du Théâtre populaire romand avec Charles Joris notamment. Des grands plateaux, à 20 ou 30 rôles, jusqu’aux pièces intimistes, Bernard Liègme a imposé son écriture rocailleuse, précise. L’écrivain donne voix à des personnages forts. Sinon, dit-il malicieusement à Jean-Blaise Junod, autant ne rien écrire… Seuls les personnages font une pièce.
Tantôt sensuelle, tantôt rêche, tendue, parfois drôle, l’écriture de Bernard Liègme est un modèle du genre. D’autant qu’elle explore des scènes qui résistent au temps: la pression du fonctionnariat sur l’être humain, la conscience plutôt que le militantisme, l’individu face à l’absurde (ou presque), bref un théâtre politique au sens où il invite sur la place de la cité à une réflexion de ce «vivre ensemble» si problématique. Deux tomes réunissent ses pièces écrites entre 1958 et 2003.

Jacques Sterchi
La Liberté

Bernard Liègme: «Je ne suis qu’un greffier…»
Il était temps de rendre à Bernard Liègme, acteur, auteur, metteur en scène, tout ce qu’il avait donné au théâtre durant cinquante années de passion. C’est ce que l’éditeur Bernard Campiche vient de faire, en deux volumes.
Dans sa collection «Théâtre en camPoche» et en deux volumes, pour un total de plus de 1'000 pages, Bernard Campiche a donc réuni quelques pièces écrites par Bernard Liègme, cet homme-orchestre de la scène et de l’écriture romandes.
Même si ce qu’on appelle «le grand public» l’ignore, les vrais amateurs de théâtre connaissent son nom, c’est une évidence. Pensez! Cela fait depuis les années cinquante du siècle passé qu’il se passionne pour le théâtre. Autant dire que sa présence dans ce petit univers remonte à très loin dans le temps…
Pourtant, comment ne pas dire à ceux qui ne le savent pas, qu’il existe, en Terre romande, des auteurs dramatiques contemporains imaginatifs et talentueux? Je pense à Michel Viala, ce Genevois qui chevaucha la folie de son imaginaire durant toute son existence. Je n’oublie pas non plus Jacques Probst et Louis Gaulis. Tous sont essentiels à la scène théâtrale romande.
Mais revenons à Bernard Liègme. Natif du Locle en 1927. Plus tard, il fit des études de lettres à l’Université de Lausanne. Devenu professeur, il enseigna à l’École supérieure de jeunes filles (en ce temps-là, pas si lointain d’ailleurs, filles et garçons étudiaient séparément), puis au gymnase. C’est alors que le théâtre frappa (les trois coups, évidemment!) à la porte de sa vie… même si cette passion était déjà présente, en lui, depuis belle lurette.
Des «Faux-Nez» au «Barbare»
D’abord, il devint comédien avec Charles Apothéloz et la troupe des fameux Faux-Nez , caveau lausannois célèbre en ce temps-là. Je me souviens du comédien Fernand Berset, qui était mon voisin de palier, lorsque je hantais les Escaliers-du-Marché, et que je gîtais au-dessus du très réputé «Barbare».
Le Barbare était le bar à la mode de la ville. On y rencontrait des Jacques Chessex, des petits truands, des poètes comme Gander, des comédiens, des musiciens, des artistes-peintres, toute une faune bigarrée qui donnait à cet endroit une atmosphère digne des romans de Francis Carco.
Et je dois dire qu’en lisant les pièces écrites par Bernard Liègme je retrouve cette ambiance indéfinissable, pleine d’émotion, qui se situait entre complainte brechtienne et ironie sociale qui était le propre de la création théâtrale de ces années-là.
L’aventure du TPR
Il a aussi travaillé quelque temps avec le metteur en scène Jean Kiehl, mais le fait d’être comédien ne lui suffisait pas. Les démons de la création le harcelaient. C’est ainsi qu’avec un complice nommé Marcel Tassimot, en 1959, il s’associe à la mise en œuvre d’un chantier très ambitieux: le Théâtre Populaire Romand (TPR). L’expérience sera pleine de difficultés et, dans un premier temps, périclitera assez rapidement.
C’est avec l’appui d’un autre monument de la scène théâtrale romande, Charles Joris, que, deux ans plus tard, il relance l’expérience. Le Nouveau Théâtre populaire romand, connaîtra des heures de gloire. Les pièces de Bernard Liègme, très politiquement engagées, comme «Les Murs de la ville» (1961), «Le Soleil et la mort» (1966), puis «Les Augustes» (1972).
Il écrira encore «Tandem» (1976), «Solo» en 1978 et «Les Archivistes» en 1981 pour le Théâtre des Trois Coups à Lausanne. Traduit en plusieurs langues, il recevra le Prix de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, puis le Prix de la littérature du Canton de Berne en 1972 et, enfin, celui du Canton de Neuchâtel au tout début du deuxième millénaire.
Un physique de comédien
«Finalement je ne suis qu’un greffier. Ce sont les personnages qui, peu à peu, se dessinent, se définissent, puis s’imposent à moi, qui me poussent à écrire ces pièces», dit-il en substance dans le film de Jean-Blaise Junod intitulé : «L’auteur et ses personnages» que l’on découvre dans le DVD qui accompagne les deux volumes que nous propose Bernard Campiche.
Dans ce film, avec son physique de comédien, Bernard Liègme se raconte. Il le fait avec une sorte de sérénité qui est la marque de ceux qui ont vécu une vie bien remplie. Avec sa gueule qui me fait irrésistiblement penser au comédien français André Dussolier, il explique comment peu à peu il se laisse envahir par ses personnages qui, ensuite, le conduisent à prendre la plume et à les mettre en situation.
Si vous avez envie de vous plonger dans l’univers de Bernard Liègme, n’hésitez pas: courez chez votre libraire et insistez. Vous découvrirez des personnages aux noms étonnants, tout un peuple de petites gens, fonctionnaires ou employés, plus fantasques que leur existence, moins anodins que leur parcours ne pourrait le laisser présager. Vous entrerez dans un monde magique et passionnant, celui du théâtre totalement populaire tel qu’on le cuisinait il y a peu.

Bernard Liègme: «Je ne suis qu’un greffier…»
Il était temps de rendre à Bernard Liègme, acteur, auteur, metteur en scène, tout ce qu’il avait donné au théâtre durant cinquante années de passion. C’est ce que l’éditeur Bernard Campiche vient de faire, en deux volumes.
Dans sa collection «Théâtre en camPoche» et en deux volumes, pour un total de plus de 1'000 pages, Bernard Campiche a donc réuni quelques pièces écrites par Bernard Liègme, cet homme-orchestre de la scène et de l’écriture romandes.
Même si ce qu’on appelle «le grand public» l’ignore, les vrais amateurs de théâtre connaissent son nom, c’est une évidence. Pensez! Cela fait depuis les années cinquante du siècle passé qu’il se passionne pour le théâtre. Autant dire que sa présence dans ce petit univers remonte à très loin dans le temps…
Pourtant, comment ne pas dire à ceux qui ne le savent pas, qu’il existe, en Terre romande, des auteurs dramatiques contemporains imaginatifs et talentueux? Je pense à Michel Viala, ce Genevois qui chevaucha la folie de son imaginaire durant toute son existence. Je n’oublie pas non plus Jacques Probst et Louis Gaulis. Tous sont essentiels à la scène théâtrale romande.
Mais revenons à Bernard Liègme. Natif du Locle en 1927. Plus tard, il fit des études de lettres à l’Université de Lausanne. Devenu professeur, il enseigna à l’École supérieure de jeunes filles (en ce temps-là, pas si lointain d’ailleurs, filles et garçons étudiaient séparément), puis au gymnase. C’est alors que le théâtre frappa (les trois coups, évidemment!) à la porte de sa vie… même si cette passion était déjà présente, en lui, depuis belle lurette.
Des «Faux-Nez» au «Barbare»
D’abord, il devint comédien avec Charles Apothéloz et la troupe des fameux Faux-Nez , caveau lausannois célèbre en ce temps-là. Je me souviens du comédien Fernand Berset, qui était mon voisin de palier, lorsque je hantais les Escaliers-du-Marché, et que je gîtais au-dessus du très réputé «Barbare».
Le Barbare était le bar à la mode de la ville. On y rencontrait des Jacques Chessex, des petits truands, des poètes comme Gander, des comédiens, des musiciens, des artistes-peintres, toute une faune bigarrée qui donnait à cet endroit une atmosphère digne des romans de Francis Carco.
Et je dois dire qu’en lisant les pièces écrites par Bernard Liègme je retrouve cette ambiance indéfinissable, pleine d’émotion, qui se situait entre complainte brechtienne et ironie sociale qui était le propre de la création théâtrale de ces années-là.
L’aventure du TPR
Il a aussi travaillé quelque temps avec le metteur en scène Jean Kiehl, mais le fait d’être comédien ne lui suffisait pas. Les démons de la création le harcelaient. C’est ainsi qu’avec un complice nommé Marcel Tassimot, en 1959, il s’associe à la mise en œuvre d’un chantier très ambitieux: le Théâtre Populaire Romand (TPR). L’expérience sera pleine de difficultés et, dans un premier temps, périclitera assez rapidement.
C’est avec l’appui d’un autre monument de la scène théâtrale romande, Charles Joris, que, deux ans plus tard, il relance l’expérience. Le Nouveau Théâtre populaire romand, connaîtra des heures de gloire. Les pièces de Bernard Liègme, très politiquement engagées, comme «Les Murs de la ville» (1961), «Le Soleil et la mort» (1966), puis «Les Augustes» (1972).
Il écrira encore «Tandem» (1976), «Solo» en 1978 et «Les Archivistes» en 1981 pour le Théâtre des Trois Coups à Lausanne. Traduit en plusieurs langues, il recevra le Prix de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, puis le Prix de la littérature du Canton de Berne en 1972 et, enfin, celui du Canton de Neuchâtel au tout début du deuxième millénaire.
Un physique de comédien
«Finalement je ne suis qu’un greffier. Ce sont les personnages qui, peu à peu, se dessinent, se définissent, puis s’imposent à moi, qui me poussent à écrire ces pièces», dit-il en substance dans le film de Jean-Blaise Junod intitulé : «L’auteur et ses personnages» que l’on découvre dans le DVD qui accompagne les deux volumes que nous propose Bernard Campiche.
Dans ce film, avec son physique de comédien, Bernard Liègme se raconte. Il le fait avec une sorte de sérénité qui est la marque de ceux qui ont vécu une vie bien remplie. Avec sa gueule qui me fait irrésistiblement penser au comédien français André Dussolier, il explique comment peu à peu il se laisse envahir par ses personnages qui, ensuite, le conduisent à prendre la plume et à les mettre en situation.
Si vous avez envie de vous plonger dans l’univers de Bernard Liègme, n’hésitez pas: courez chez votre libraire et insistez. Vous découvrirez des personnages aux noms étonnants, tout un peuple de petites gens, fonctionnaires ou employés, plus fantasques que leur existence, moins anodins que leur parcours ne pourrait le laisser présager. Vous entrerez dans un monde magique et passionnant, celui du théâtre totalement populaire tel qu’on le cuisinait il y a peu.

Rolf Kesselring

Bernard Liègme. Théâtre I et II
Né au Locle en 1927, Bernard Liègme a été comédien avec Charles Apothéloz, puis compagnon de route indispensable du Théâtre populaire romand avec Charles Joris (qui signe ici la préface), enfin romancier et traducteur de Goldoni. Il reprend dans ces deux beaux volumes de la collection Théâtre en CamPoche une dizaine de ses pièces, tissées de menues histoires et de fuites dans le rêve. Dans le film-portrait qui les accompagne, l’auteur avoue se laisser inspirer par des faits divers, des articles de presse, pour ensuite traquer les personnages dans leur évolution presque spontanée. Tout comme Pirandello, il écoute leurs palabres pour les transcrire sur la page et à la scène avec un naturel non dépourvu de moments lyriques. Son théâtre, qui a absorbé la leçon de Beckett et de Pinter, n’en demeure pas moins profondément humaniste et engagé. De La Cage (1958) à Diva ou Les Photographies (2003), en passant par le très beau Tandem (1973), avec l’art du détail et un grand sens du rythme, Liègme nous accompagne dans le destin individuel et collectif de ses personnages souvent inquiets et attachants.

Bernard Liègme. Théâtre I et II
Né au Locle en 1927, Bernard Liègme a été comédien avec Charles Apothéloz, puis compagnon de route indispensable du Théâtre populaire romand avec Charles Joris (qui signe ici la préface), enfin romancier et traducteur de Goldoni. Il reprend dans ces deux beaux volumes de la collection Théâtre en CamPoche une dizaine de ses pièces, tissées de menues histoires et de fuites dans le rêve. Dans le film-portrait qui les accompagne, l’auteur avoue se laisser inspirer par des faits divers, des articles de presse, pour ensuite traquer les personnages dans leur évolution presque spontanée. Tout comme Pirandello, il écoute leurs palabres pour les transcrire sur la page et à la scène avec un naturel non dépourvu de moments lyriques. Son théâtre, qui a absorbé la leçon de Beckett et de Pinter, n’en demeure pas moins profondément humaniste et engagé. De La Cage (1958) à Diva ou Les Photographies (2003), en passant par le très beau Tandem (1973), avec l’art du détail et un grand sens du rythme, Liègme nous accompagne dans le destin individuel et collectif de ses personnages souvent inquiets et attachants.

Pierre Lepori
Viceversa Littérature

En plus de mille pages, ces deux volumes offrent un panorama assez complet, non seulement de l’œuvre de Bernard Liègme, mais aussi des problèmes du XXe siècle, tout au moins dans sa deuxième partie.
On trouve aussi bien l’homme solitaire, qui se débat, avec hargne et injures, contre ses fantômes, que des fonctionnaires démolis par leur obsession des fiches et des documents.
L’atmosphère devient vite étouffante alors que se déroulent des histoires de tous les jours, sous lesquelles, traîtreusement, coulent les désillusions de l’époque.
Dans l’une des pièces ( Diva ou Les Photographies ), pour une fois la vie triomphe des ombres du passé, non sans faire quelques dégâts.
Il y a, dans tout ce théâtre «obsession de l’amour et de la justice… et le désir que le spectateur fuie la routine et imagine de s’engager à nouveau». C’est un beau programme.

En plus de mille pages, ces deux volumes offrent un panorama assez complet, non seulement de l’œuvre de Bernard Liègme, mais aussi des problèmes du XXe siècle, tout au moins dans sa deuxième partie.
On trouve aussi bien l’homme solitaire, qui se débat, avec hargne et injures, contre ses fantômes, que des fonctionnaires démolis par leur obsession des fiches et des documents.
L’atmosphère devient vite étouffante alors que se déroulent des histoires de tous les jours, sous lesquelles, traîtreusement, coulent les désillusions de l’époque.
Dans l’une des pièces ( Diva ou Les Photographies ), pour une fois la vie triomphe des ombres du passé, non sans faire quelques dégâts.
Il y a, dans tout ce théâtre «obsession de l’amour et de la justice… et le désir que le spectateur fuie la routine et imagine de s’engager à nouveau». C’est un beau programme.

Juliette David
Suisse Magazine