Treize nouvelles de haute tenue, tout en finesse. Treize histoires qui, sournoisement, restent ouvertes. Le ton change et les sujets varient, mais le fil rouge est toujours présent. Ma préférée? Serviteur de l’État: une ambassade tente de résister, de faire barrage au sable qui menace de l’engloutir, grâce à des clandestins qui travaillent au noir. C’est un clin d’œil à l’actualité, une fable qui parle de la Suisse et de notre hypocrisie.
Mauvaises rencontres
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Revue de presse5
Treize nouvelles de haute tenue, tout en finesse. Treize histoires qui, sournoisement, restent ouvertes. Le ton change et les sujets varient, mais le fil rouge est toujours présent. Ma préférée? Serviteur de l’État: une ambassade tente de résister, de faire barrage au sable qui menace de l’engloutir, grâce à des clandestins qui travaillent au noir. C’est un clin d’œil à l’actualité, une fable qui parle de la Suisse et de notre hypocrisie.
Cruel scalpel de l’âme humaine, la plume d’Élisabeth Horem cisèle des bijoux miniatures .
Il y a du Poe dans ces histoires brèves, certaines très brèves, mais déclencheuses de quelles longues résonances dans l’esprit du lecteur ! Un Poe féminin, à la cruauté plus allusive, plus intérieure, plus suggérée, et pas moins vive pour autant. Cruauté toute psychologique, situations pour la plupart ordinaires.
À chaque fois, en quelques lignes, un climat est installé, avec son épaisseur palpable; un caractère, une forme de névrose ou une prédisposition à la souffrance; un incident ténu; et l’enchaînement inéluctable… et parfois rien. Ou bien un décor familier – l’entreprise dans Potentiel – éclairé avec une insistance maligne. Ou encore, dans Le Rendez-Vous , un personnage surgi du monde intérieur d’un auteur admiré (Claude Simon).
Ici et là résonne l’écho des beaux romans d’Élisabeth Horem, ces lieux étrange(r))s où la logique se déforme selon d’inquiétantes cohérences adverses. Et dans Le Chasseur d’impalas , on entend la musique plus autobiographique de Shrapnels. En marge de Bagdad , vécu de l’épouse de diplomate en poste dans des lieux exposés.
Attachantes, subtiles, ironiques, d’un cynisme tempéré ou d’un désespoir maîtrisé, ces «mauvaises rencontres» dessinent une humanité variée, en proie à des douleurs intimes, suggérées avec une remarquable économie de moyens.
Cruel scalpel de l’âme humaine, la plume d’Élisabeth Horem cisèle des bijoux miniatures .
Il y a du Poe dans ces histoires brèves, certaines très brèves, mais déclencheuses de quelles longues résonances dans l’esprit du lecteur ! Un Poe féminin, à la cruauté plus allusive, plus intérieure, plus suggérée, et pas moins vive pour autant. Cruauté toute psychologique, situations pour la plupart ordinaires.
À chaque fois, en quelques lignes, un climat est installé, avec son épaisseur palpable; un caractère, une forme de névrose ou une prédisposition à la souffrance; un incident ténu; et l’enchaînement inéluctable… et parfois rien. Ou bien un décor familier – l’entreprise dans Potentiel – éclairé avec une insistance maligne. Ou encore, dans Le Rendez-Vous , un personnage surgi du monde intérieur d’un auteur admiré (Claude Simon).
Ici et là résonne l’écho des beaux romans d’Élisabeth Horem, ces lieux étrange(r))s où la logique se déforme selon d’inquiétantes cohérences adverses. Et dans Le Chasseur d’impalas , on entend la musique plus autobiographique de Shrapnels. En marge de Bagdad , vécu de l’épouse de diplomate en poste dans des lieux exposés.
Attachantes, subtiles, ironiques, d’un cynisme tempéré ou d’un désespoir maîtrisé, ces «mauvaises rencontres» dessinent une humanité variée, en proie à des douleurs intimes, suggérées avec une remarquable économie de moyens.
Après Shrapnels, en marge de Bagdad où elle chroniquait comme en filigrane sa vie de demi-recluse à Bagdad, Élisabeth Horem s’évade géographiquement avec Mauvaises rencontres . Pour rappel, l’auteure française a épousé un diplomate suisse qu’elle suit dans des pays en conflit. Au lieu de se plaindre du peu de liberté de mouvement que lui imposent les aléas politiques, elle loue le temps qu’elle peut passer à lire et à écrire dans sa chambre.
Et, manifestement, elle ne s’ennuie pas avec elle-même et ses récits piquants, poétiques, brossés avec des légèretés d’aquarelle, sont un vrai bonheur. Ses Mauvaises rencontres n’en sont pas vraiment. Ce sont des rendez-vous manqués, des frayeurs, des dérives. Car si Élisabeth Horem est dans sa vraie vie familière de situations extrêmes, elle sait aussi saisir au vol dans les petits malaises quotidiens ce qui pourrait frôler le drame, ou le grandiose, ou l’horreur. Mais frôler seulement. Parfois kafkaïens, ses récits sourdent d’humour comme Serviteurs de l’État ou Affaire classée . Parfois concis jusqu’à l’hermétisme, ils laissent deviner une sensualité frémissante comme Carrière ou Le Chasseur d’impalas . Dans Sophies , on attend un dérapage qui ne se produit pas, dans Potentiel , le drame est bien présent mais évoqué de manière feutrée.
Tout est élégance dans l’écriture d’Élisabeth Horem, comme si elle craignait d’insister, comme si elle prenait vraiment le lecteur pour quelqu’un d’intuitif à qui on n’a pas besoin de mettre les points sur les i . La souffrance est là, mais on est tellement sous le charme de son récit qu’on ne sent pas les coups de canif dont elle nous laboure presque avec tendresse.
Après Shrapnels, en marge de Bagdad où elle chroniquait comme en filigrane sa vie de demi-recluse à Bagdad, Élisabeth Horem s’évade géographiquement avec Mauvaises rencontres . Pour rappel, l’auteure française a épousé un diplomate suisse qu’elle suit dans des pays en conflit. Au lieu de se plaindre du peu de liberté de mouvement que lui imposent les aléas politiques, elle loue le temps qu’elle peut passer à lire et à écrire dans sa chambre.
Et, manifestement, elle ne s’ennuie pas avec elle-même et ses récits piquants, poétiques, brossés avec des légèretés d’aquarelle, sont un vrai bonheur. Ses Mauvaises rencontres n’en sont pas vraiment. Ce sont des rendez-vous manqués, des frayeurs, des dérives. Car si Élisabeth Horem est dans sa vraie vie familière de situations extrêmes, elle sait aussi saisir au vol dans les petits malaises quotidiens ce qui pourrait frôler le drame, ou le grandiose, ou l’horreur. Mais frôler seulement. Parfois kafkaïens, ses récits sourdent d’humour comme Serviteurs de l’État ou Affaire classée . Parfois concis jusqu’à l’hermétisme, ils laissent deviner une sensualité frémissante comme Carrière ou Le Chasseur d’impalas . Dans Sophies , on attend un dérapage qui ne se produit pas, dans Potentiel , le drame est bien présent mais évoqué de manière feutrée.
Tout est élégance dans l’écriture d’Élisabeth Horem, comme si elle craignait d’insister, comme si elle prenait vraiment le lecteur pour quelqu’un d’intuitif à qui on n’a pas besoin de mettre les points sur les i . La souffrance est là, mais on est tellement sous le charme de son récit qu’on ne sent pas les coups de canif dont elle nous laboure presque avec tendresse.
, La Liberté
Mauvaises Rencontres
Une femme quitte, sur une impulsion, sa petite vie bien rangée et s’enfuit vers l’inconnu, une autre hésite à aller rejoindre un homme dans sa chambre d’hôtel, en écho à d’autres nouvelles où un homme renonce à l’amour pour conserver sa tranquillité d’esprit, tandis qu’ailleurs un autre cède à des désirs interdits et nous livre sa glaçante confession. Plus loin, c’est au tour d’un sinistre fonctionnaire (juge d’instruction ? policier zélé ?) d’énumérer les effets personnels d’un mort soupçonné d’on ne sait quoi, ou d’un directeur des ressources humaines de vanter l’infaillibilité d’une série de tests d’embauche et de rêver à une société mieux organisée, genre Meilleur des mondes ; ces deux monologues, adressés à des interlocuteurs muets (ou dont on aurait gommé les timides interventions), sont à la fois drôles et grinçants, et illustrent le caractère délibérément elliptique de ces nouvelles, dans lesquelles Elisabeth Horem, dans une prose serrée et tranchante, préfère laisser certains faits en suspens pour mieux nous inquiéter, nous laissant libre d’imaginer… souvent le pire…
, La Liberté
Mauvaises Rencontres
Une femme quitte, sur une impulsion, sa petite vie bien rangée et s’enfuit vers l’inconnu, une autre hésite à aller rejoindre un homme dans sa chambre d’hôtel, en écho à d’autres nouvelles où un homme renonce à l’amour pour conserver sa tranquillité d’esprit, tandis qu’ailleurs un autre cède à des désirs interdits et nous livre sa glaçante confession. Plus loin, c’est au tour d’un sinistre fonctionnaire (juge d’instruction ? policier zélé ?) d’énumérer les effets personnels d’un mort soupçonné d’on ne sait quoi, ou d’un directeur des ressources humaines de vanter l’infaillibilité d’une série de tests d’embauche et de rêver à une société mieux organisée, genre Meilleur des mondes ; ces deux monologues, adressés à des interlocuteurs muets (ou dont on aurait gommé les timides interventions), sont à la fois drôles et grinçants, et illustrent le caractère délibérément elliptique de ces nouvelles, dans lesquelles Elisabeth Horem, dans une prose serrée et tranchante, préfère laisser certains faits en suspens pour mieux nous inquiéter, nous laissant libre d’imaginer… souvent le pire…
, Brèves
Mauvaises Rencontres
Treize nouvelles toutes différentes, qu’une ironie grinçante relie pourtant les unes aux autres.
Il y a tant de choses esquissées, suggérées, qu’on croirait légères et qui vous retrouvent au virage et là pas question d’y échapper.
On rit, mais un peu jaune, à la bêtise de l’Administration dans les «Serviteurs de l’État», «Affaire classée» ou «Potentiel».
On s’inquiète des imprudences d’adolescents, des peurs des femmes seules, des rendez-vous manqués.
Treize petites tranches de vie, toutes petites mais tellement pleines des choses que la vie nous réserve, même si parfois elles tiennent plus du cauchemar que du rêve!
, Brèves
Mauvaises Rencontres
Treize nouvelles toutes différentes, qu’une ironie grinçante relie pourtant les unes aux autres.
Il y a tant de choses esquissées, suggérées, qu’on croirait légères et qui vous retrouvent au virage et là pas question d’y échapper.
On rit, mais un peu jaune, à la bêtise de l’Administration dans les «Serviteurs de l’État», «Affaire classée» ou «Potentiel».
On s’inquiète des imprudences d’adolescents, des peurs des femmes seules, des rendez-vous manqués.
Treize petites tranches de vie, toutes petites mais tellement pleines des choses que la vie nous réserve, même si parfois elles tiennent plus du cauchemar que du rêve!