Anne-Lise Grobéty avait dix-neuf ans quand ce récit a été publié pour la première fois, en 1970. Quarante ans plus tard, non seulement il reste un merveilleux cri d’amour, mais il nous rend à travers le monologue d’une adolescente l’image d’une renaissance que, brutalement, méfiance et critique vont torpiller.
L’écriture est légère, souple, comme s’il ne s’agissait que d’une phrase toujours recommencée, vivante et quelquefois sarcastique et qui se termine par ce mot: Il faudra que je pleure.
L’avantage d’une réédition, c’est de nous donner, en plus de la préface de la première édition, la presse de l’époque et une interview de l’auteur.
Pour mourir en février
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Revue de presse3
Anne-Lise Grobéty avait dix-neuf ans quand ce récit a été publié pour la première fois, en 1970. Quarante ans plus tard, non seulement il reste un merveilleux cri d’amour, mais il nous rend à travers le monologue d’une adolescente l’image d’une renaissance que, brutalement, méfiance et critique vont torpiller.
L’écriture est légère, souple, comme s’il ne s’agissait que d’une phrase toujours recommencée, vivante et quelquefois sarcastique et qui se termine par ce mot: Il faudra que je pleure.
L’avantage d’une réédition, c’est de nous donner, en plus de la préface de la première édition, la presse de l’époque et une interview de l’auteur.
Ce livre a la grandeur, la pureté rusée de la passion. De la première à la dernière ligne sourd un cri toujours prêt à jaillir mais qui a la force et le courage de se mesurer. Ce long chuchotement, ce sanglot qui ne vient pas, cette confession tout intérieure d’une adolescente du siècle ont le pouvoir d’une incantation.
J’ai admiré non seulement la spontanéité tendrement violente, mais aussi la technique d’écriture d’Anne-Lise Grobéty, ce monologue infini, feutré, qui n’ennuie jamais, qui est très conscient malgré le délire, sarcastique même.
Ce roman qui semble tissé d’une phrase unique, sans arrêts visibles, mais ondulante, avec ici et là le blanc de la respiration suspendue, qui reprend, s’obstine, tranquille, inlassable, c’est le mouvement de la vague si difficile à saisir. Je l’entends battre le sable, détruite et renaissante, continuellement. Les scènes qui ne se terminent pas, qui reviennent, recouvertes à leur tour par d’autres, ce rythme ressassant, c’est le rythme même de l’amour. Et toujours jusqu’à la fin, le leitmotiv de la première rencontre, celle qui décida de tout, le souvenir de ces instants tournés et retournés, facette sur facette, par la mémoire fascinée mais gardant la fraîcheur de la source, le bonheur du commencement.
Ce livre a la grandeur, la pureté rusée de la passion. De la première à la dernière ligne sourd un cri toujours prêt à jaillir mais qui a la force et le courage de se mesurer. Ce long chuchotement, ce sanglot qui ne vient pas, cette confession tout intérieure d’une adolescente du siècle ont le pouvoir d’une incantation.
J’ai admiré non seulement la spontanéité tendrement violente, mais aussi la technique d’écriture d’Anne-Lise Grobéty, ce monologue infini, feutré, qui n’ennuie jamais, qui est très conscient malgré le délire, sarcastique même.
Ce roman qui semble tissé d’une phrase unique, sans arrêts visibles, mais ondulante, avec ici et là le blanc de la respiration suspendue, qui reprend, s’obstine, tranquille, inlassable, c’est le mouvement de la vague si difficile à saisir. Je l’entends battre le sable, détruite et renaissante, continuellement. Les scènes qui ne se terminent pas, qui reviennent, recouvertes à leur tour par d’autres, ce rythme ressassant, c’est le rythme même de l’amour. Et toujours jusqu’à la fin, le leitmotiv de la première rencontre, celle qui décida de tout, le souvenir de ces instants tournés et retournés, facette sur facette, par la mémoire fascinée mais gardant la fraîcheur de la source, le bonheur du commencement.
Pour mourir en févrierAnne-Lise Grobéty
Pour mourir en février Anne-Lise Grobéty
En 1971, elle avait révolutionné le monde des lettres romandes en publiant, à tout juste dix-neuf ans, son premier roman Pour mourir en février . Anne-Lise Grobéty s’est éteinte en octobre dernier. Son éditeur, Bernard Campiche, a l’excellente idée de rééditer ce texte magnifique et toujours très actuel. Pour mourir en février , qui avait valu à son auteure le Prix Georges-Nicole et dont Corinna Bille avait salué la «spontanéité tendrement violente», raconte la révolte d’une adolescente contre son milieu familial, étriqué et petit bourgeois. Plus encore que son sujet, c’est la phrase d’Anne-Lise Grobéty qui a intéressé, et continue d’intéresser, la critique et le public. Une phrase retenue, pleine de pudeur et de colère, d’une grande modernité. Anne-Lise Grobéty a par la suite publié plusieurs romans, comme Infiniment plus , La Corde de mi , ainsi que le très remarqué Zéro positif , mais aussi des recueils de nouvelles, Belle dame qui mord et La Fiancée d’hiver , et des textes pour la jeunesse, notamment Le temps des mots à voix basse . L’identité féminine, voire la condition féminine, sont au cœur de son travail. Anne-Lise Grobéty, très tôt, a recherché une forme littéraire pour dire l’indicible, l’enfermement, pour donner une voix à ce qui est tu. Et si l’écriture était au centre de sa vie, elle était complétée et prolongée par d’autres aspects de sa personnalité, en particulier son engagement politique. Au début des années soixante-dix, Anne-Lise Grobéty a été la plus jeune députée du Grand Conseil neuchâtelois, et elle a fait partie du groupe d’Olten, association suisse qui rassemblait des écrivains de gauche. Tout au long de sa carrière, cette très grande dame de la littérature suisse d’expression française avait accumulé les distinctions. En 2000, elle avait obtenu le prix Ramuz pour l’ensemble de son œuvre.
Pour mourir en févrierAnne-Lise Grobéty
Pour mourir en février Anne-Lise Grobéty
En 1971, elle avait révolutionné le monde des lettres romandes en publiant, à tout juste dix-neuf ans, son premier roman Pour mourir en février . Anne-Lise Grobéty s’est éteinte en octobre dernier. Son éditeur, Bernard Campiche, a l’excellente idée de rééditer ce texte magnifique et toujours très actuel. Pour mourir en février , qui avait valu à son auteure le Prix Georges-Nicole et dont Corinna Bille avait salué la «spontanéité tendrement violente», raconte la révolte d’une adolescente contre son milieu familial, étriqué et petit bourgeois. Plus encore que son sujet, c’est la phrase d’Anne-Lise Grobéty qui a intéressé, et continue d’intéresser, la critique et le public. Une phrase retenue, pleine de pudeur et de colère, d’une grande modernité. Anne-Lise Grobéty a par la suite publié plusieurs romans, comme Infiniment plus , La Corde de mi , ainsi que le très remarqué Zéro positif , mais aussi des recueils de nouvelles, Belle dame qui mord et La Fiancée d’hiver , et des textes pour la jeunesse, notamment Le temps des mots à voix basse . L’identité féminine, voire la condition féminine, sont au cœur de son travail. Anne-Lise Grobéty, très tôt, a recherché une forme littéraire pour dire l’indicible, l’enfermement, pour donner une voix à ce qui est tu. Et si l’écriture était au centre de sa vie, elle était complétée et prolongée par d’autres aspects de sa personnalité, en particulier son engagement politique. Au début des années soixante-dix, Anne-Lise Grobéty a été la plus jeune députée du Grand Conseil neuchâtelois, et elle a fait partie du groupe d’Olten, association suisse qui rassemblait des écrivains de gauche. Tout au long de sa carrière, cette très grande dame de la littérature suisse d’expression française avait accumulé les distinctions. En 2000, elle avait obtenu le prix Ramuz pour l’ensemble de son œuvre.