Coïncidence: deux des meilleurs romans romands de cet automne, Les Tourterelles du Caire et Janus aux quatre fronts , empruntent la machine à remonter le temps. Destination l’Empire romain pour François Conod. Tandis que le protagoniste médiéval de Gisèle Ansorge s’exile en terre islamique.
…Tandis que décline l’Empire de Dioclétien et que s’affirme, par le martyre, la nouvelle religion dont Constantin fera le ciment de son règne, des jeunes gens passent eux aussi d’un âge à l’autre dans le tumulte tantôt joyeux et tantôt angoissé de l’éveil sensuel et des «grandes questions». Quoique se défendant de toute intention didactique, François Conod nous fait entrer de plain-pied dans la vie quotidienne de la Rome du Bas-Empire, sous la conduite d’un narrateur omniscient. Le dieu Janus à qui l’on ne prête d’ordinaire que deux faces, mais auquel l’auteur restitue sa vocation plénière de «dieu des croisées» et des possibles – au point d’intersection des quatre saisons et des quatre éléments –, est en effet le «cicerone» de cette chronique de quelques adolescences au temps de sainte Agnès.
…Mais plus que la reconstitution historique, c’est l’atmosphère, le climat affectif, le mélange de fraîcheur et de sensualité, d’érudition et de furia ingénue qui nous touchent particulièrement dans ce roman, dont les zestes de kitsch ou de pédantisme se diluent dans le flot d’une belle écriture.
Janus aux quatre fronts
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Revue de presse1
Coïncidence: deux des meilleurs romans romands de cet automne, Les Tourterelles du Caire et Janus aux quatre fronts , empruntent la machine à remonter le temps. Destination l’Empire romain pour François Conod. Tandis que le protagoniste médiéval de Gisèle Ansorge s’exile en terre islamique.
…Tandis que décline l’Empire de Dioclétien et que s’affirme, par le martyre, la nouvelle religion dont Constantin fera le ciment de son règne, des jeunes gens passent eux aussi d’un âge à l’autre dans le tumulte tantôt joyeux et tantôt angoissé de l’éveil sensuel et des «grandes questions». Quoique se défendant de toute intention didactique, François Conod nous fait entrer de plain-pied dans la vie quotidienne de la Rome du Bas-Empire, sous la conduite d’un narrateur omniscient. Le dieu Janus à qui l’on ne prête d’ordinaire que deux faces, mais auquel l’auteur restitue sa vocation plénière de «dieu des croisées» et des possibles – au point d’intersection des quatre saisons et des quatre éléments –, est en effet le «cicerone» de cette chronique de quelques adolescences au temps de sainte Agnès.
…Mais plus que la reconstitution historique, c’est l’atmosphère, le climat affectif, le mélange de fraîcheur et de sensualité, d’érudition et de furia ingénue qui nous touchent particulièrement dans ce roman, dont les zestes de kitsch ou de pédantisme se diluent dans le flot d’une belle écriture.