…L’incontestable pouvoir émotionnel de ce roman tient dans son équilibre, dans sa justesse de ton rarement prise en défaut, dans son économie de moyens. L’écriture, épurée, dit l’essentiel…
Les Agneaux
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Revue de presse3
…L’incontestable pouvoir émotionnel de ce roman tient dans son équilibre, dans sa justesse de ton rarement prise en défaut, dans son économie de moyens. L’écriture, épurée, dit l’essentiel…
Les Agneaux
En 1992, la Fribourgeoise Ania Carmel sidérait son monde en publiant un court roman cruel à l’écriture d’une rare intensité: Les Agneaux . Amours incestueuses, tragédie familiale narrée du point de vue des enfants jusqu’à l’ultime baiser qu’ils échangent, plongeant dans la mort. Bernard Campiche réédite ce livre d’une force prenante.
Les Agneaux
En 1992, la Fribourgeoise Ania Carmel sidérait son monde en publiant un court roman cruel à l’écriture d’une rare intensité: Les Agneaux . Amours incestueuses, tragédie familiale narrée du point de vue des enfants jusqu’à l’ultime baiser qu’ils échangent, plongeant dans la mort. Bernard Campiche réédite ce livre d’une force prenante.
Les Agneaux
Fidèle à son goût du bel ouvrage, Bernard Campiche. a créé une collection de poche au design élégant – photo en noir et blanc, cartouche rouge, format élancé. L’esthétique séduit avant même que l’on ait ouvert le livre. En ce printemps, ce ne sont pas moins de quatre camPoche qui sont apparus sur les rayons: L’imparfait de Jacques Chessex, Crève l’amour d’Asa Lanova, Ces vols qui n’ont pas fui de Jean-Pierre Monier et Les Agneaux d’Ania Carmel. Tous sont excellents et si vous ne les avez pas lus (les livres de poches sont évidemment des rééditions) il est temps de réparer cette lacune.
Toutefois nous avons une prédilection pour Les Agneaux . Ce livre paru en 1992 a d’ailleurs fait l’objet d’un téléfilm. Nous ne l’avons pas vu et le déplorons tout en nous interrogeant sur sa traduction à l’écran. Comment le réalisateur a-t-il pu faire passer sans outrance une telle charge émotive?
De quoi est-il question dans ce court roman? D’un frère et d’une sœur confrontés à la tyrannie brutale et vulgaire d’un père complètement détraqué. Les enfants se défendent comme ils le peuvent, ils déploient toute l’astuce des opprimés pour flouer leur géniteur. On pense à Ulysse et Polyphème, au Petit Poucet et à l’ogre. L’archétype est au rendez-vous.
Aucune complaisance stylistique ne vient parasiter la fluidité du récit, Ania Carmel ne se perd pas dans des méandres littéraires, ne cherche pas à plaire. Elle nous propulse au cœur du drame avec des phrases courtes, percutantes, essentielles. Guère de lyrisme mais lorsqu’elle s’y abandonne, quelle beauté!: «Nos habits ont notre odeur pour couleur et nos peaux sentent bon le foin empoussiéré des vieilles granges oubliées.» Mais attention! L’histoire est atroce, la parabole de l’agneau ne saurait être transgressée et Ania Carmel ne nous épargne rien, y compris, comme l’écrivit Jacques Chessex «Les mots comme objets de coercition. Les mots pour souiller, pour enchaîner par le langage sale.» Mais justement de tant de noirceur, jaillit la pureté et en cela ce court récit est un grand roman.
Les Agneaux
Fidèle à son goût du bel ouvrage, Bernard Campiche. a créé une collection de poche au design élégant – photo en noir et blanc, cartouche rouge, format élancé. L’esthétique séduit avant même que l’on ait ouvert le livre. En ce printemps, ce ne sont pas moins de quatre camPoche qui sont apparus sur les rayons: L’imparfait de Jacques Chessex, Crève l’amour d’Asa Lanova, Ces vols qui n’ont pas fui de Jean-Pierre Monier et Les Agneaux d’Ania Carmel. Tous sont excellents et si vous ne les avez pas lus (les livres de poches sont évidemment des rééditions) il est temps de réparer cette lacune.
Toutefois nous avons une prédilection pour Les Agneaux . Ce livre paru en 1992 a d’ailleurs fait l’objet d’un téléfilm. Nous ne l’avons pas vu et le déplorons tout en nous interrogeant sur sa traduction à l’écran. Comment le réalisateur a-t-il pu faire passer sans outrance une telle charge émotive?
De quoi est-il question dans ce court roman? D’un frère et d’une sœur confrontés à la tyrannie brutale et vulgaire d’un père complètement détraqué. Les enfants se défendent comme ils le peuvent, ils déploient toute l’astuce des opprimés pour flouer leur géniteur. On pense à Ulysse et Polyphème, au Petit Poucet et à l’ogre. L’archétype est au rendez-vous.
Aucune complaisance stylistique ne vient parasiter la fluidité du récit, Ania Carmel ne se perd pas dans des méandres littéraires, ne cherche pas à plaire. Elle nous propulse au cœur du drame avec des phrases courtes, percutantes, essentielles. Guère de lyrisme mais lorsqu’elle s’y abandonne, quelle beauté!: «Nos habits ont notre odeur pour couleur et nos peaux sentent bon le foin empoussiéré des vieilles granges oubliées.» Mais attention! L’histoire est atroce, la parabole de l’agneau ne saurait être transgressée et Ania Carmel ne nous épargne rien, y compris, comme l’écrivit Jacques Chessex «Les mots comme objets de coercition. Les mots pour souiller, pour enchaîner par le langage sale.» Mais justement de tant de noirceur, jaillit la pureté et en cela ce court récit est un grand roman.