Le Sacre de l’inutile

Genre
Roman
Année de parution
2008
ISBN
978-2-88241-223-2
Nb. de pages
150

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Revue de presse
5

L’auteur biennois vient de publier son quatrième roman, Le Sacre de l’inutile , aux Éditions Bernard Campiche. Un ouvrage aux accents très autobiographiques, dans lequel Thierry Luterbacher se dévoile par petites touches, entre mélancolie et franche jubilation.
Son éternelle écharpe blanche autour du cou, Thierry Luterbacher a gardé – à 58 ans – son allure d’ado rebelle. Ce doux anar des temps modernes n’a pourtant rien de vindicatif : le regard couleur de mousse aime à se perdre en de longues rêveries solitaires et la silhouette vêtue de lin grège évoque davantage un Pierrot lunaire que Bakounine. Poète, Thierry Luterbacher ? Sans aucun doute, même si cette corde ne figure pas à l’arc biographique de l’habitant de Romont, qui se définit avant tout comme journaliste, réalisateur, auteur, metteur en scène de théâtre et artiste-peintre. N’est-ce pas beaucoup pour un seul homme, fût-il de lettres ? « Très franchement, s’il n’en tenait qu’à moi, je me qualifierais uniquement d’auteur. Mais j’écoute mes amis et les journalistes, qui aiment bien accumuler les casquettes », explique Thierry Luterbacher.
Lorsque nous le rencontrons, il vient d’apprendre qu’il devra se rendre le 26 novembre prochain à Paris, afin de participer à une émission de France Inter. « Mon roman a été sélectionné par le Choix des libraires français, se réjouit-il. L’émission de France Inter sera également diffusée dans toute la francophonie, notamment sur la RSR en décembre, mais aussi sur Radio Québec. »
Qu’ils soient ou non québécois, gageons que les lecteurs de son quatrième roman ne seront pas indifférents aux déboires de Raoul Latraviole, un antihéros au destin tragi-comique dont la tendre maladresse et les amours malheureuses ne sont pas sans rappeler l’auteur. « Ce livre est effectivement largement autobiographique, même si je me suis laissé la liberté du roman. Il y a bien sûr de moi dans le personnage de Raoul, dont les voyages sont inspirés de mes propres pérégrinations, mais aussi dans son père Gaston », révèle Thierry Luterbacher. Des coulisses du Moulin-Rouge – un épisode largement inspiré d’une aventure personnelle – aux rues de New York en passant par l’Afghanistan, l’auteur nous emmène dans son sillage, décryptant le monde à travers les yeux de Raoul Latraviole : « J’aime ce qui ne se prévoit pas. Moi, le hasard me va bien. J’aime ces petits riens du tout qui nous font trébucher dans la comédie ou dans le drame. » Thierry Luterbacher le confesse sans détour : il n’a jamais couru après la réussite. « Depuis toujours, lorsque je dis l’écriture et la peinture sont mes professions, on me demande : ‘Mais qu’est-ce que tu fais sérieusement ?’ La société exige de nous de faire des choses qui rapportent, qui ont une raison d’être. »
Philosophe de l’inutile, l’écrivain biennois est aussi un grand amoureux. Les femmes sont d’ailleurs au centre de ce roman, dédié à une belle tzigane aux yeux de forêt. « Quand j’écrivais ce livre, j’étais empli de douleur car je traversais une rupture amoureuse », confie-t-il. Point de pathos pourtant dans ce roman plein de tendresse et d’espièglerie : dans une écriture dépouillée de tout falbala inutile, Thierry Luterbacher nous emporte dans son sac à malices. On en redemande !

L’auteur biennois vient de publier son quatrième roman, Le Sacre de l’inutile , aux Éditions Bernard Campiche. Un ouvrage aux accents très autobiographiques, dans lequel Thierry Luterbacher se dévoile par petites touches, entre mélancolie et franche jubilation.
Son éternelle écharpe blanche autour du cou, Thierry Luterbacher a gardé – à 58 ans – son allure d’ado rebelle. Ce doux anar des temps modernes n’a pourtant rien de vindicatif : le regard couleur de mousse aime à se perdre en de longues rêveries solitaires et la silhouette vêtue de lin grège évoque davantage un Pierrot lunaire que Bakounine. Poète, Thierry Luterbacher ? Sans aucun doute, même si cette corde ne figure pas à l’arc biographique de l’habitant de Romont, qui se définit avant tout comme journaliste, réalisateur, auteur, metteur en scène de théâtre et artiste-peintre. N’est-ce pas beaucoup pour un seul homme, fût-il de lettres ? « Très franchement, s’il n’en tenait qu’à moi, je me qualifierais uniquement d’auteur. Mais j’écoute mes amis et les journalistes, qui aiment bien accumuler les casquettes », explique Thierry Luterbacher.
Lorsque nous le rencontrons, il vient d’apprendre qu’il devra se rendre le 26 novembre prochain à Paris, afin de participer à une émission de France Inter. « Mon roman a été sélectionné par le Choix des libraires français, se réjouit-il. L’émission de France Inter sera également diffusée dans toute la francophonie, notamment sur la RSR en décembre, mais aussi sur Radio Québec. »
Qu’ils soient ou non québécois, gageons que les lecteurs de son quatrième roman ne seront pas indifférents aux déboires de Raoul Latraviole, un antihéros au destin tragi-comique dont la tendre maladresse et les amours malheureuses ne sont pas sans rappeler l’auteur. « Ce livre est effectivement largement autobiographique, même si je me suis laissé la liberté du roman. Il y a bien sûr de moi dans le personnage de Raoul, dont les voyages sont inspirés de mes propres pérégrinations, mais aussi dans son père Gaston », révèle Thierry Luterbacher. Des coulisses du Moulin-Rouge – un épisode largement inspiré d’une aventure personnelle – aux rues de New York en passant par l’Afghanistan, l’auteur nous emmène dans son sillage, décryptant le monde à travers les yeux de Raoul Latraviole : « J’aime ce qui ne se prévoit pas. Moi, le hasard me va bien. J’aime ces petits riens du tout qui nous font trébucher dans la comédie ou dans le drame. » Thierry Luterbacher le confesse sans détour : il n’a jamais couru après la réussite. « Depuis toujours, lorsque je dis l’écriture et la peinture sont mes professions, on me demande : ‘Mais qu’est-ce que tu fais sérieusement ?’ La société exige de nous de faire des choses qui rapportent, qui ont une raison d’être. »
Philosophe de l’inutile, l’écrivain biennois est aussi un grand amoureux. Les femmes sont d’ailleurs au centre de ce roman, dédié à une belle tzigane aux yeux de forêt. « Quand j’écrivais ce livre, j’étais empli de douleur car je traversais une rupture amoureuse », confie-t-il. Point de pathos pourtant dans ce roman plein de tendresse et d’espièglerie : dans une écriture dépouillée de tout falbala inutile, Thierry Luterbacher nous emporte dans son sac à malices. On en redemande !

Isabelle Graber
Le Journal du Jura

Candide sur la route
« C’est tellement plus beau lorsque c’est inutile. » Comme un refrain, repris en français ou en anglais, la phrase fétiche de Raoul Latraviole – héros du Sacre de l’inutile – ponctue ce quatrième roman de Thierry Luterbacher. Né à Péry-Reuchenette dans le Jura bernois, il est l’auteur, toujours chez Bernard Campiche, d’ Un cerisier dans l’escalier , primé en 2001 (Prix Georges-Nicole), puis en 2004 d’un Splendide hasard des pauvres , ainsi que d’une pièce de théâtre intitulée Elles étaient une fois .
Que cette phrase revienne comme une ritournelle n’a rien d’étonnant : car, si « la musique du livre » précédent, Quidam (2006), était de Bob Dylan, la « bande-son » de son nouveau roman est de Georges Brassens, annonce l’écrivain – qui est aussi peintre, journaliste, metteur en scène et réalisateur – dès le générique.
« Je m’appelle Raoul Latraviole et je vous prie de m’excuser de vivre un peu », déclare donc le narrateur en écho à la « Mauvaise Herbe » du chansonnier français à pipe et moustache.
Mauvaise herbe donc, que ce Latraviole ? Disons plutôt herbe folle, aimant pousser dans des recoins improbables, au hasard des vents, produit d’une Anglaise, danseuse de cabaret tôt disparue et d’un « petit cordonnier qu’a eu sa préférence, lonla… ».
C’est, on le voit, à une balade bonhomme, joyeuse et sans prétention, sur les routes du monde que Thierry Luterbacher invite son lecteur. Raoul Latraviole est une sorte de Candide des années flower power qui ne sait pas très bien quoi faire de sa vie. Persuadé par son géniteur des vertus éternelles et de la beauté de l’inutile, il tente de mettre en pratique cette philosophie peu contraignante, s’adaptant au gré des circonstances. « Comme je n’avais aucune notion des perspectives et aucune envie d’apprendre des lois immuables, je suis devenu peintre naïf » lance-t-il. Mais pas seulement, puisqu’il sera aussi « faiseur de brouillard » sur l’alpage ou mécanicien dans le désert.
Fumette, galères parisiennes, expéditions aux Indes et traversée américaine, voire sud-américaine, au menu. Amours libres même pour les Don Juan au rabais, comme Raoul, pas très sûrs de leur charme, mais capables tout de même de ravir une belle à un mâle en furie…
Thierry Luterbacher a doté son Raoul d’une âme de bonne poire, que compense heureusement un solide sens de l’humour, encouragé par ses anges gardiens personnels – Grand Esprit ou, comme dans cet extrait, voyageur croisé sur une route de Turquie :
« — Cela t’arrive d’être tout en bas Raoul ?
— Oui, ça m’arrive !
— Et tu as besoin de quelqu’un et il n’y a personne et il n’y a rien, mais vraiment rien qui va ?
— Oui, oui, je connais ça…
— Alors recule de deux ou trois pas, observe-toi, et moque-toi de toi. »
La petite musique légère de Thierry Luterbacher sonne juste grâce à cette capacité à rire de soi. Son héros, Suisse naïf, curieux, bonne pâte, se fait souvent rouler dans la farine, mais se relève toujours, survivant avec vaillance aux chagrins d’amour et aux accidents d’avion. Un sens du loufoque, une habileté à raconter des anecdotes, une propension à s’émerveiller du monde. Peut-être tout cela est-il un peu léger, mais le projet n’a manifestement pas l’intention de peser sur la marche de l’univers. En considérant l’écriture un peu comme « le terrain de récréation des Esprits » – ce que le Grand Esprit dira à Raoul à propos du monde –, Thierry Luterbacher tente d’alléger la vie, de consoler de la dureté des choses et des gens.

Candide sur la route
« C’est tellement plus beau lorsque c’est inutile. » Comme un refrain, repris en français ou en anglais, la phrase fétiche de Raoul Latraviole – héros du Sacre de l’inutile – ponctue ce quatrième roman de Thierry Luterbacher. Né à Péry-Reuchenette dans le Jura bernois, il est l’auteur, toujours chez Bernard Campiche, d’ Un cerisier dans l’escalier , primé en 2001 (Prix Georges-Nicole), puis en 2004 d’un Splendide hasard des pauvres , ainsi que d’une pièce de théâtre intitulée Elles étaient une fois .
Que cette phrase revienne comme une ritournelle n’a rien d’étonnant : car, si « la musique du livre » précédent, Quidam (2006), était de Bob Dylan, la « bande-son » de son nouveau roman est de Georges Brassens, annonce l’écrivain – qui est aussi peintre, journaliste, metteur en scène et réalisateur – dès le générique.
« Je m’appelle Raoul Latraviole et je vous prie de m’excuser de vivre un peu », déclare donc le narrateur en écho à la « Mauvaise Herbe » du chansonnier français à pipe et moustache.
Mauvaise herbe donc, que ce Latraviole ? Disons plutôt herbe folle, aimant pousser dans des recoins improbables, au hasard des vents, produit d’une Anglaise, danseuse de cabaret tôt disparue et d’un « petit cordonnier qu’a eu sa préférence, lonla… ».
C’est, on le voit, à une balade bonhomme, joyeuse et sans prétention, sur les routes du monde que Thierry Luterbacher invite son lecteur. Raoul Latraviole est une sorte de Candide des années flower power qui ne sait pas très bien quoi faire de sa vie. Persuadé par son géniteur des vertus éternelles et de la beauté de l’inutile, il tente de mettre en pratique cette philosophie peu contraignante, s’adaptant au gré des circonstances. « Comme je n’avais aucune notion des perspectives et aucune envie d’apprendre des lois immuables, je suis devenu peintre naïf » lance-t-il. Mais pas seulement, puisqu’il sera aussi « faiseur de brouillard » sur l’alpage ou mécanicien dans le désert.
Fumette, galères parisiennes, expéditions aux Indes et traversée américaine, voire sud-américaine, au menu. Amours libres même pour les Don Juan au rabais, comme Raoul, pas très sûrs de leur charme, mais capables tout de même de ravir une belle à un mâle en furie…
Thierry Luterbacher a doté son Raoul d’une âme de bonne poire, que compense heureusement un solide sens de l’humour, encouragé par ses anges gardiens personnels – Grand Esprit ou, comme dans cet extrait, voyageur croisé sur une route de Turquie :
« — Cela t’arrive d’être tout en bas Raoul ?
— Oui, ça m’arrive !
— Et tu as besoin de quelqu’un et il n’y a personne et il n’y a rien, mais vraiment rien qui va ?
— Oui, oui, je connais ça…
— Alors recule de deux ou trois pas, observe-toi, et moque-toi de toi. »
La petite musique légère de Thierry Luterbacher sonne juste grâce à cette capacité à rire de soi. Son héros, Suisse naïf, curieux, bonne pâte, se fait souvent rouler dans la farine, mais se relève toujours, survivant avec vaillance aux chagrins d’amour et aux accidents d’avion. Un sens du loufoque, une habileté à raconter des anecdotes, une propension à s’émerveiller du monde. Peut-être tout cela est-il un peu léger, mais le projet n’a manifestement pas l’intention de peser sur la marche de l’univers. En considérant l’écriture un peu comme « le terrain de récréation des Esprits » – ce que le Grand Esprit dira à Raoul à propos du monde –, Thierry Luterbacher tente d’alléger la vie, de consoler de la dureté des choses et des gens.

Éléonore Sulser
Le Temps

Un humour abrasif pour décoller la poisse
Dans son denier roman, Le Sacre de l’inutile, publié chez Campiche, l’écrivain suisse Thierry Luterbacher suit le destin calamiteux de Raoul Latraviole, personnage au burlesque lunaire, né du mauvais côté. Un bonheur néanmoins.
Toute une vie contaminée d’inutile! Pour accepter cette vie-là et en jouir, il faut être sacrément farfelu. C’est le cas de Raoul Latraviole, de son état «peintre naïf», «poseur de cailloux», «gardien de but», «Faiseur dans une compagnie de cinéma», «testeur de futurs médicaments», homme à tout faire et à ne rien faire, perdu qu’il est dans ses rêves et dans une existence qu’il ne cesse de s’inventer pour échapper à son sort.
Car Raoul Latraviole a la poisse collée aux basques. Où qu’il aille et quoi qu’il fasse, il reste prisonnier d’une malchance endémique héritée de sa mère Irène, danseuse de cabaret, morte d’une pleurésie et d’une «maladresse à vivre».
Né pour jouer les anti-héros, Latraviole affirme avoir «la gravité drôle» et «le drame clownesque». Ce qui lui permet d’être un perdant magnifique, un «looser» attachant et infiniment cocasse, placé au centre du dernier roman de Thierry Luterbacher, Le Sacre de l’inutile. Soit un livre d’aventures qui s’apparente à une chronique des années de poisse, contée avec une folie jubilatoire et ô combien libératrice.
Tragi-comique, Latraviole l’est certainement. D’ailleurs il le dit et l’assume, lui qui porte en son être «l’imminence d’une catastrophe» et transmet aux autres «le pressentiment de la tuile à venir».
Rester, partir
Pour conjurer donc le sort, notre homme rêve une autre existence, se réincarne en hippie ou en Lawrence d’Arabie, voyage en Asie, traverse le Pakistan, l’Afghanistan et la Turquie, se heurte à ses illusions, touche terre et rebondit pour mieux rêver. La fureur de vivre, on vous dit, livrée avec un humour abrasif qui dissout la glue et fait de la déveine une gigantesque comédie.
Mais attention, Le Sacre de l’inutile n’est pas seulement un roman fantaisiste. Il aborde par la bande des questions essentielles: le hasard et la nécessité, la difficulté d’aimer, la solitude mystique. On peut même dire que ce livre éclaire d’une autre lumière le paysage romanesque romand, habituellement dominé par deus types d’auteurs: les écrivains du terroir et les écrivains-voyageurs.
Les premiers (dont Charles Ferdinand Ramuz) sont attachés à une Suisse éternelle, les seconds (dont Nicolas Bouvier) y étouffent et préfèrent élargir leur horizon. Thierry Luterbacher fait honneur aux tenants des deux bords en même temps qu’il s’en détache.
Car s’il évoque dans son Sacre de l’inutile la beauté unique de nos alpages, c’est pour la mettre dans une atmosphère de franche gaudriole. Et s’il raconte avec délice les voyages de Raoul, c’est pour dire que l’exotisme est un mirage. Comme ces mirages du désert traversé par son héros, qui vous renvoient sans cesse le reflet d’un monde frappé d’irréalité.

Source

Un humour abrasif pour décoller la poisse
Dans son denier roman, Le Sacre de l’inutile, publié chez Campiche, l’écrivain suisse Thierry Luterbacher suit le destin calamiteux de Raoul Latraviole, personnage au burlesque lunaire, né du mauvais côté. Un bonheur néanmoins.
Toute une vie contaminée d’inutile! Pour accepter cette vie-là et en jouir, il faut être sacrément farfelu. C’est le cas de Raoul Latraviole, de son état «peintre naïf», «poseur de cailloux», «gardien de but», «Faiseur dans une compagnie de cinéma», «testeur de futurs médicaments», homme à tout faire et à ne rien faire, perdu qu’il est dans ses rêves et dans une existence qu’il ne cesse de s’inventer pour échapper à son sort.
Car Raoul Latraviole a la poisse collée aux basques. Où qu’il aille et quoi qu’il fasse, il reste prisonnier d’une malchance endémique héritée de sa mère Irène, danseuse de cabaret, morte d’une pleurésie et d’une «maladresse à vivre».
Né pour jouer les anti-héros, Latraviole affirme avoir «la gravité drôle» et «le drame clownesque». Ce qui lui permet d’être un perdant magnifique, un «looser» attachant et infiniment cocasse, placé au centre du dernier roman de Thierry Luterbacher, Le Sacre de l’inutile. Soit un livre d’aventures qui s’apparente à une chronique des années de poisse, contée avec une folie jubilatoire et ô combien libératrice.
Tragi-comique, Latraviole l’est certainement. D’ailleurs il le dit et l’assume, lui qui porte en son être «l’imminence d’une catastrophe» et transmet aux autres «le pressentiment de la tuile à venir».
Rester, partir
Pour conjurer donc le sort, notre homme rêve une autre existence, se réincarne en hippie ou en Lawrence d’Arabie, voyage en Asie, traverse le Pakistan, l’Afghanistan et la Turquie, se heurte à ses illusions, touche terre et rebondit pour mieux rêver. La fureur de vivre, on vous dit, livrée avec un humour abrasif qui dissout la glue et fait de la déveine une gigantesque comédie.
Mais attention, Le Sacre de l’inutile n’est pas seulement un roman fantaisiste. Il aborde par la bande des questions essentielles: le hasard et la nécessité, la difficulté d’aimer, la solitude mystique. On peut même dire que ce livre éclaire d’une autre lumière le paysage romanesque romand, habituellement dominé par deus types d’auteurs: les écrivains du terroir et les écrivains-voyageurs.
Les premiers (dont Charles Ferdinand Ramuz) sont attachés à une Suisse éternelle, les seconds (dont Nicolas Bouvier) y étouffent et préfèrent élargir leur horizon. Thierry Luterbacher fait honneur aux tenants des deux bords en même temps qu’il s’en détache.
Car s’il évoque dans son Sacre de l’inutile la beauté unique de nos alpages, c’est pour la mettre dans une atmosphère de franche gaudriole. Et s’il raconte avec délice les voyages de Raoul, c’est pour dire que l’exotisme est un mirage. Comme ces mirages du désert traversé par son héros, qui vous renvoient sans cesse le reflet d’un monde frappé d’irréalité.

Source

Ghania Adamo
Swissinfo

Dans une littérature romande souvent bien sérieuse, ce n’est pas fréquent de lire un roman aussi léger, frais, souriant. Installé à Romont (pas en Glâne, mais dans le Jura bernois), Thierry Luterbacher invite à un voyage rocambolesque avec Le sacre de l’inutile . Sur les pas de Raoul Latraviole, loser magnifique, que rien ne semble atteindre. Qui s’acharne aux activités sans but (poseur de cailloux ou faiseur de brouillard par exemple) surmontant les embûches par sa joie de vivre.
Dans ces années septante colorées, Raoul vit en communauté (celle «des gugusses»), prend la route (notamment pour l’Afghanistan et de préférence avec un joint aux lèvres), se met à la peinture, se fait larguer par ses copines. Ce naïf bienheureux se relève de tous les coups du sort et suit le principe de son père: «C’est tellement plus beau quand c’est inutile.» Une revigorante leçon d’insouciance.

Source

Dans une littérature romande souvent bien sérieuse, ce n’est pas fréquent de lire un roman aussi léger, frais, souriant. Installé à Romont (pas en Glâne, mais dans le Jura bernois), Thierry Luterbacher invite à un voyage rocambolesque avec Le sacre de l’inutile . Sur les pas de Raoul Latraviole, loser magnifique, que rien ne semble atteindre. Qui s’acharne aux activités sans but (poseur de cailloux ou faiseur de brouillard par exemple) surmontant les embûches par sa joie de vivre.
Dans ces années septante colorées, Raoul vit en communauté (celle «des gugusses»), prend la route (notamment pour l’Afghanistan et de préférence avec un joint aux lèvres), se met à la peinture, se fait larguer par ses copines. Ce naïf bienheureux se relève de tous les coups du sort et suit le principe de son père: «C’est tellement plus beau quand c’est inutile.» Une revigorante leçon d’insouciance.

Source

Éric Bulliard
La Gruyère

Thierry Luterbacher capte la merveille .
Thierry Luterbacher, journaliste, auteur de plusieurs romans (dont Un cerisier dans l’escalier , Prix Georges-Nicole 2001) et artiste peintre, aime les personnages fragiles, dispersés, décalés, jamais tout à fait en accord avec la société, mais qui font de leur mieux, comme ce Raoul Latraviole qui « fréquente le monde avec retenue », handicapé par sa «maladresse à vivre».
Parce que tout «est tellement plus beau quand c’est inutile», Latraviole prend la vie comme il prend la route: très tôt orphelin de mère, puis de père (celui-ci prend pour une porte la fenêtre du troisième étage…), il erre dans un univers qui, par ses yeux, devient cocasse et magnifique. Amoureux d’une femme «belle comme le hasard», il sera également, entre autres activités, footballeur, peintre, dramaturge, faiseur de brouillard, ange gardien d’une malheureuse Russe qu’il sauve des eaux…
Parfois accompagné dans son errance par quelques amis, eux aussi en marge, il prend des avions et des voitures pour aller se faire «déglinguer» par les horizons, dans le monde du «zoo quotidien» où le bleu des lacs «s’invente sans cesse», où les Écossais jouent de la cornemuse au milieu du désert, et où Jésus est Anglais…
Le sacre de l’inutile
Plutôt qu’un roman, ce texte est une succession de courtes scènes peuplées de personnages fugaces, tendrement esquissés, baignant dans des atmosphères très réussies, envoûtantes, comme autant d’échappées dans un ailleurs où les miracles existent, et où il est prouvé que faire «le sacre de l’inutile», c’est s’ouvrir au « merveilleux où qu’il soit».

Thierry Luterbacher capte la merveille .
Thierry Luterbacher, journaliste, auteur de plusieurs romans (dont Un cerisier dans l’escalier , Prix Georges-Nicole 2001) et artiste peintre, aime les personnages fragiles, dispersés, décalés, jamais tout à fait en accord avec la société, mais qui font de leur mieux, comme ce Raoul Latraviole qui « fréquente le monde avec retenue », handicapé par sa «maladresse à vivre».
Parce que tout «est tellement plus beau quand c’est inutile», Latraviole prend la vie comme il prend la route: très tôt orphelin de mère, puis de père (celui-ci prend pour une porte la fenêtre du troisième étage…), il erre dans un univers qui, par ses yeux, devient cocasse et magnifique. Amoureux d’une femme «belle comme le hasard», il sera également, entre autres activités, footballeur, peintre, dramaturge, faiseur de brouillard, ange gardien d’une malheureuse Russe qu’il sauve des eaux…
Parfois accompagné dans son errance par quelques amis, eux aussi en marge, il prend des avions et des voitures pour aller se faire «déglinguer» par les horizons, dans le monde du «zoo quotidien» où le bleu des lacs «s’invente sans cesse», où les Écossais jouent de la cornemuse au milieu du désert, et où Jésus est Anglais…
Le sacre de l’inutile
Plutôt qu’un roman, ce texte est une succession de courtes scènes peuplées de personnages fugaces, tendrement esquissés, baignant dans des atmosphères très réussies, envoûtantes, comme autant d’échappées dans un ailleurs où les miracles existent, et où il est prouvé que faire «le sacre de l’inutile», c’est s’ouvrir au « merveilleux où qu’il soit».

Bruno Pellegrino
24 Heures, Le Passe-Muraille