La réédition en poche de ce très beau livre d’amitié est bienvenue. C’est en effet, plus qu’un récit linéaire en hommage à un frère-confrère disparu prématurément: une espèce de psaume affectueux où l’auteur dit autant les rires complices et les joies partagées que sa peine et le deuil des enfants de Pascal-Arthur Gonet. Au fil de nombreuses digressions et autre évocations, Gilbert Salem compose un tableau qui est à la fois portrait, autoportrait indirect, mais aussi célébration de la Côte, du lac, de la vie, de la lumière et de l’ombre.
À la place du mort
Acheter l'ouvrage
Revue de presse2
La réédition en poche de ce très beau livre d’amitié est bienvenue. C’est en effet, plus qu’un récit linéaire en hommage à un frère-confrère disparu prématurément: une espèce de psaume affectueux où l’auteur dit autant les rires complices et les joies partagées que sa peine et le deuil des enfants de Pascal-Arthur Gonet. Au fil de nombreuses digressions et autre évocations, Gilbert Salem compose un tableau qui est à la fois portrait, autoportrait indirect, mais aussi célébration de la Côte, du lac, de la vie, de la lumière et de l’ombre.
Étrange jeu de miroirs que ce récit. Plutôt qu’à sa famille, Pascal confie à Gilbert Salem, avec qui il n’avait eu jusque-là que des relations un peu tumultueuses, qu’à trente-six ans il va mourir du sida.
«Des semaines s’étaient écoulées depuis sa foudroyante confidence, mais nous n’en parlions plus. Le malade c’était lui, et il avait la mine d’un bien-portant. Le mieux portant de nous deux c’était moi, et j’étais livide… L’humour inhabituel de notre amitié tardive et tragiquement courte est né de cette incroyable contradiction-là. D’un jeu de rôle inversé, d’une partie de masques.» Il sera dès lors «à la place du mort». Cette présence l’accompagne, le hante au point de lui donner des douleurs à chaque anniversaire de sa disparition. Il recherchera à La Côte, au bord du Léman, en Toscane aussi, les souvenirs, les amours, les hésitations religieuses de l’un et de l’autre.
Malgré ou à cause du titre, c’est un chant à la gloire de la vie et d’une extraordinaire amitié.
«Quand je regarde Pascal-Arthur, je me dis que c’est un homme et que j’en suis un. Si l’un de nous deux avait été une femme, il y aurait eu entre nous de l’amour. Donc moins que de l’amitié.»
Étrange jeu de miroirs que ce récit. Plutôt qu’à sa famille, Pascal confie à Gilbert Salem, avec qui il n’avait eu jusque-là que des relations un peu tumultueuses, qu’à trente-six ans il va mourir du sida.
«Des semaines s’étaient écoulées depuis sa foudroyante confidence, mais nous n’en parlions plus. Le malade c’était lui, et il avait la mine d’un bien-portant. Le mieux portant de nous deux c’était moi, et j’étais livide… L’humour inhabituel de notre amitié tardive et tragiquement courte est né de cette incroyable contradiction-là. D’un jeu de rôle inversé, d’une partie de masques.» Il sera dès lors «à la place du mort». Cette présence l’accompagne, le hante au point de lui donner des douleurs à chaque anniversaire de sa disparition. Il recherchera à La Côte, au bord du Léman, en Toscane aussi, les souvenirs, les amours, les hésitations religieuses de l’un et de l’autre.
Malgré ou à cause du titre, c’est un chant à la gloire de la vie et d’une extraordinaire amitié.
«Quand je regarde Pascal-Arthur, je me dis que c’est un homme et que j’en suis un. Si l’un de nous deux avait été une femme, il y aurait eu entre nous de l’amour. Donc moins que de l’amitié.»