Ballades avec les esprits

Genre
Poésie
Année de parution
2025
Nb. de pages
88

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Revue de presse
6

Stéphane Blok trinque à la santé des esprits

La vie est une feuille morte qui se pose sur le béton. Où le musicien-poète lausannois se promène pour retrouver le souffle des vivants déjà partis, et guetter les petites joies qui demeurent – l’amour et les bières fraîches notamment.
Une forme qui, se souvenant d’avoir été chant, convient à merveille au poète Stéphane Blok. Jazzman du désarroi moderne, chantre de ce qui pousse entre les immeubles, le Lausannois publie une nouvelle salve de poèmes comme autant de promenades en compagnie de quelques esprits. Vivants déjà partis, dont le souffle perdure et qu’il faut apprendre à percevoir dans le «vent sonore», dans «le bruit des gouttes de la fonte des neiges», dans le regard des oiseaux silencieux. De quoi offrir une nouvelle texture à ce présent inquiet, où les rêves s’épuisent sur les trottoirs en surchauffe.
Fidèle à son expressivité sensorielle dénuée de formalisme comme d’hermétisme, le musicien-écrivain joue de contrastes pour célébrer la profonde ambivalence du vivre: une feuille morte se pose sur le béton, des enfants s’amusent en dépit des bombes. C’est que «la vie est malheureusement belle / très belle», et qu’il suffit de savoir flâner parmi les rares joies qu’elle dispense, amour ou bières fraîches. Manière, humble et lucide, de prolonger à pied ce chemin qu’empruntaient nos fantômes. Et comme nulle empreinte ne persiste sur l’asphalte, il y a la poésie. Il y a ces poèmes.

Stéphane Blok trinque à la santé des esprits

La vie est une feuille morte qui se pose sur le béton. Où le musicien-poète lausannois se promène pour retrouver le souffle des vivants déjà partis, et guetter les petites joies qui demeurent – l’amour et les bières fraîches notamment.
Une forme qui, se souvenant d’avoir été chant, convient à merveille au poète Stéphane Blok. Jazzman du désarroi moderne, chantre de ce qui pousse entre les immeubles, le Lausannois publie une nouvelle salve de poèmes comme autant de promenades en compagnie de quelques esprits. Vivants déjà partis, dont le souffle perdure et qu’il faut apprendre à percevoir dans le «vent sonore», dans «le bruit des gouttes de la fonte des neiges», dans le regard des oiseaux silencieux. De quoi offrir une nouvelle texture à ce présent inquiet, où les rêves s’épuisent sur les trottoirs en surchauffe.
Fidèle à son expressivité sensorielle dénuée de formalisme comme d’hermétisme, le musicien-écrivain joue de contrastes pour célébrer la profonde ambivalence du vivre: une feuille morte se pose sur le béton, des enfants s’amusent en dépit des bombes. C’est que «la vie est malheureusement belle / très belle», et qu’il suffit de savoir flâner parmi les rares joies qu’elle dispense, amour ou bières fraîches. Manière, humble et lucide, de prolonger à pied ce chemin qu’empruntaient nos fantômes. Et comme nulle empreinte ne persiste sur l’asphalte, il y a la poésie. Il y a ces poèmes.

Thierry Raboud
La Liberté

Ballades ou balades? On ne sait jamais comment l’écrire… Lui en joue, le bougre: «Balades à venir / Balades imaginaires», lit-on dans ces Ballades avec les esprits . Stéphane Blok déambule et le poète-musicien-chanteur vaudois n’oublie jamais le sens du rythme et des sonorités, du refrain et des ritournelles: «Nous n’irons plus au bois / Nous n’irons plus bien loin / Nous n’irons pas si loin». Son nouveau recueil de poèmes est parsemé de présences, d’âmes, de songes et de souvenirs. Le voici attentif aux signes, «au petit peuple de la forêt» comme aux «déesses d’eau et de lune dans la couleur des jours».
Coauteur, avec Blaise Hofmann, du livret de la dernière Fête des vignerons, Stéphane Blok invite à le suivre dans une fascinante exploration de la réalité. Elle ne s’arrête pas au visible, mais se visite dans toutes ses dimensions: l’inconnu, les rêveries, les fantômes côtoient une «coquille vide d’escargot», «le renard goupil», les «bières fraîches», «les feuilles frissonnantes». Alternent aussi légèreté et gravité, avec la conscience de la finitude, puisque «la mort est une peau de bête sur laquelle on se couche / Dans l’odeur de fumée et de résine». Le tout sans perdre de vue cet élan vital: «Ce n’est pas à moi de le dire / Mais je crois que / La vie est malheureusement belle / Très belle.»

Ballades ou balades? On ne sait jamais comment l’écrire… Lui en joue, le bougre: «Balades à venir / Balades imaginaires», lit-on dans ces Ballades avec les esprits . Stéphane Blok déambule et le poète-musicien-chanteur vaudois n’oublie jamais le sens du rythme et des sonorités, du refrain et des ritournelles: «Nous n’irons plus au bois / Nous n’irons plus bien loin / Nous n’irons pas si loin». Son nouveau recueil de poèmes est parsemé de présences, d’âmes, de songes et de souvenirs. Le voici attentif aux signes, «au petit peuple de la forêt» comme aux «déesses d’eau et de lune dans la couleur des jours».
Coauteur, avec Blaise Hofmann, du livret de la dernière Fête des vignerons, Stéphane Blok invite à le suivre dans une fascinante exploration de la réalité. Elle ne s’arrête pas au visible, mais se visite dans toutes ses dimensions: l’inconnu, les rêveries, les fantômes côtoient une «coquille vide d’escargot», «le renard goupil», les «bières fraîches», «les feuilles frissonnantes». Alternent aussi légèreté et gravité, avec la conscience de la finitude, puisque «la mort est une peau de bête sur laquelle on se couche / Dans l’odeur de fumée et de résine». Le tout sans perdre de vue cet élan vital: «Ce n’est pas à moi de le dire / Mais je crois que / La vie est malheureusement belle / Très belle.»

Eric Bulliard
La Gruyère

Une balade vers «l’horizon de la joie»

Une balade vers «l’horizon de la joie»
Dans Ballades avec les esprits , Stéphane Blok invoque les ancêtres et les mondes invisibles ou silencieux
«Esprit, ou esprits / Qu’importe / La terre est parsemée / De ce qui fût / Et déjà hantée / Par ce qu’elle sera,» Ce vers placé en exergue, donne le la de Ballades avec les esprits , le nouveau recueil de poèmes de Stéphane Blok. Il s’agit bien de ballades, l’écrivain et musicien sachant marier légèreté apparente la forme, comme des éclats de ritournelle, et questionnements méditatifs sur la finitude, sur l’éphémère de toute chose (vie, poèmes), sur le deuil, sur l’état disloqué du monde.
Entre passé et futur, on ne peut s’empêcher aussi d’imaginer l’auteur en balade, marchant en compagnie des esprits du titre, tels des veilleurs qui permettent de ressentir «la transhumance du vivant vers sa mort annoncée». Le recueil s’ouvre sur la nuit qu’il faut attendre «pour que les fantômes viennent nous trouver». Jouant sur les clichés, le poète évoque les «grincements de plancher» pour mieux apercevoir le «baiser du papillon blanc à l’orée de nos rêves.»
«Dans l’odeur de fumée et de résine»
L’invocation des ancêtres, grands-parents et arrière-grands-parents, va de pair avec l’attention à tout l’entier du monde invisible ou silencieux, «l’araignée au coin de la fenêtre», la mouche au coin de l’assiette», le vent, les fleurs. Comment leur offrir une place dans «notre présent provisoire»? Le monde invisible désigne aussi bien sûr «l’autre monde» où «la mort est une peau de bête sur laquelle on se couche / Dans l’odeur de fumée et de résine».
Par les poèmes qui sont des «prières que l’on s’adresse», l’auteur cherche à continuer les «balades à venir / balades imaginaires», à s’inscrire dans le cycle de l’ancien et du nouveau . Comment faire pour «apprécier à sa juste valeur / La générosité infinie à laquelle la mort nous oblige»? À ce questionnement, en répond un autre, comme en échec «Que dois-je aller chercher au fon de moi / Pour que ma joie perdure)»
L’écriture ne fixe rien, les mots s’effacent comme le reste. L’image du carnet revient comme un outil dérisoire face à l’immanence du réel. La pluie disperse les mots sur la page face à l’apparition d’un cheval noir. Poète, compositeur, interprète, romancier, Stéphane Blok, par ailleurs librettiste de la Fête des vignerons 2019, poursuit avec ce sixième ouvrage, une balade entre fulgurances et recherche du peu, un cheminement vers l’«horizon de la joie».

Une balade vers «l’horizon de la joie»

Une balade vers «l’horizon de la joie»
Dans Ballades avec les esprits , Stéphane Blok invoque les ancêtres et les mondes invisibles ou silencieux
«Esprit, ou esprits / Qu’importe / La terre est parsemée / De ce qui fût / Et déjà hantée / Par ce qu’elle sera,» Ce vers placé en exergue, donne le la de Ballades avec les esprits , le nouveau recueil de poèmes de Stéphane Blok. Il s’agit bien de ballades, l’écrivain et musicien sachant marier légèreté apparente la forme, comme des éclats de ritournelle, et questionnements méditatifs sur la finitude, sur l’éphémère de toute chose (vie, poèmes), sur le deuil, sur l’état disloqué du monde.
Entre passé et futur, on ne peut s’empêcher aussi d’imaginer l’auteur en balade, marchant en compagnie des esprits du titre, tels des veilleurs qui permettent de ressentir «la transhumance du vivant vers sa mort annoncée». Le recueil s’ouvre sur la nuit qu’il faut attendre «pour que les fantômes viennent nous trouver». Jouant sur les clichés, le poète évoque les «grincements de plancher» pour mieux apercevoir le «baiser du papillon blanc à l’orée de nos rêves.»
«Dans l’odeur de fumée et de résine»
L’invocation des ancêtres, grands-parents et arrière-grands-parents, va de pair avec l’attention à tout l’entier du monde invisible ou silencieux, «l’araignée au coin de la fenêtre», la mouche au coin de l’assiette», le vent, les fleurs. Comment leur offrir une place dans «notre présent provisoire»? Le monde invisible désigne aussi bien sûr «l’autre monde» où «la mort est une peau de bête sur laquelle on se couche / Dans l’odeur de fumée et de résine».
Par les poèmes qui sont des «prières que l’on s’adresse», l’auteur cherche à continuer les «balades à venir / balades imaginaires», à s’inscrire dans le cycle de l’ancien et du nouveau . Comment faire pour «apprécier à sa juste valeur / La générosité infinie à laquelle la mort nous oblige»? À ce questionnement, en répond un autre, comme en échec «Que dois-je aller chercher au fon de moi / Pour que ma joie perdure)»
L’écriture ne fixe rien, les mots s’effacent comme le reste. L’image du carnet revient comme un outil dérisoire face à l’immanence du réel. La pluie disperse les mots sur la page face à l’apparition d’un cheval noir. Poète, compositeur, interprète, romancier, Stéphane Blok, par ailleurs librettiste de la Fête des vignerons 2019, poursuit avec ce sixième ouvrage, une balade entre fulgurances et recherche du peu, un cheminement vers l’«horizon de la joie».

Lysbeth Koutchoumoff
Le Temps

Stephane Blok, Ballades avec esprits

Stephane Blok, Ballades avec esprits
S’il y est beaucoup question de déambulations, c’est bien la ballade avec deux «l» qu’on rencontre dans ce nouveau recueil poétique. En musicien accompli, Stéphane Blok invite les rythmes, les airs à irriguer ses strophes à la première personne: notations furtives de dialogues avec le monde naturel, pensées accrochées aux aiguilles du temps et interrogations la vie de l’invisible travert ces poèmes enlevés, tous tendus vers l’àdéal d’un dépouillement bienheureux.

Stephane Blok, Ballades avec esprits

Stephane Blok, Ballades avec esprits
S’il y est beaucoup question de déambulations, c’est bien la ballade avec deux «l» qu’on rencontre dans ce nouveau recueil poétique. En musicien accompli, Stéphane Blok invite les rythmes, les airs à irriguer ses strophes à la première personne: notations furtives de dialogues avec le monde naturel, pensées accrochées aux aiguilles du temps et interrogations la vie de l’invisible travert ces poèmes enlevés, tous tendus vers l’àdéal d’un dépouillement bienheureux.

Nicolas Juillard
Qwertz

Ballades avec les esprits

Ballades avec les esprits , de Stéphane Blok
Les esprits existent-ils? Peut-être. En tout cas, Stéphane Blok fait d'abord comme si.
Les esprits ont partie liée avec la nuit, c'est bien connu:
«Attendons la nuit
Que les fantômes viennent nous trouver
Attendons la nuit
Que le tissu effleure l'escalier
Qu'un regard frôle nos paupières»
Les esprits sont partout:
«Les esprits viennent nous trouver
Que nous les voyions ou pas
Que nous les entendions ou pas
Cela ne change rien au fait qu'ils soient là »
Il pense à ceux qui l'ont précédé ici-bas:
«Disparus
Je devrais vous solliciter plus souvent
Vous laisser de l'au-delà vous déposer parmi nous
Vous laisser exister encore
Pour voir les esprits dans les êtres et les choses, il faut s'abandonner:
L'état dans lequel j'écris
Est celui agréable
De l'abdication
Incapable de rien
Je laisse à nouveau
L'alentour me parler»
Ne rien faire:
«Toujours faire
Faire quelque chose
Agir, entreprendre
Toujours, tout le temps
Faire qui nous empêche
De ne rien faire
Regarder
Ce faire
Qui nous refuse d'être ensemble
À ne rien faire»
Refusant d'être de quelque part - il n'a pas de patrie -, et de faire, il confesse:
«Sans but il n'y a pas de désillusion
Je ne m'intéresse plus à rien
Je ne veux plus me préoccuper des idées du monde»
Pour ce rêveur, il y a bien assez
• «à faire» avec la nature,
• «à vivre» au milieu des autres,
• «à profiter» du jour et de la nuit.
Il ne peut pourtant manquer ensuite de s'interroger sur l'inéluctabilité de la mort, sur le sort de son âme et des âmes de ses ancêtres, sur l'existence même des esprits:
«Peut-être que les esprits ne sont qu'imagination
Une fidélité au vivant qui n'a pas lieu d'être
Le vivant s'éteint et disparaît
C'est tout»
Finalement il n'en croit rien, et c'est tant mieux:
«La perte de l'être aimé témoigne du contraire
L'impossibilité du vide
La persistance des instants vécus»
Présentement il conclut:
«Il pleut de grosses gouttes
Sur le trottoir, sur la chaussée
Sur le bord de la fenêtre
Sur mon âme inconsolable
D'aussi loin que je me souvienne»
Blog de

Source

Ballades avec les esprits

Ballades avec les esprits , de Stéphane Blok
Les esprits existent-ils? Peut-être. En tout cas, Stéphane Blok fait d'abord comme si.
Les esprits ont partie liée avec la nuit, c'est bien connu:
«Attendons la nuit
Que les fantômes viennent nous trouver
Attendons la nuit
Que le tissu effleure l'escalier
Qu'un regard frôle nos paupières»
Les esprits sont partout:
«Les esprits viennent nous trouver
Que nous les voyions ou pas
Que nous les entendions ou pas
Cela ne change rien au fait qu'ils soient là »
Il pense à ceux qui l'ont précédé ici-bas:
«Disparus
Je devrais vous solliciter plus souvent
Vous laisser de l'au-delà vous déposer parmi nous
Vous laisser exister encore
Pour voir les esprits dans les êtres et les choses, il faut s'abandonner:
L'état dans lequel j'écris
Est celui agréable
De l'abdication
Incapable de rien
Je laisse à nouveau
L'alentour me parler»
Ne rien faire:
«Toujours faire
Faire quelque chose
Agir, entreprendre
Toujours, tout le temps
Faire qui nous empêche
De ne rien faire
Regarder
Ce faire
Qui nous refuse d'être ensemble
À ne rien faire»
Refusant d'être de quelque part - il n'a pas de patrie -, et de faire, il confesse:
«Sans but il n'y a pas de désillusion
Je ne m'intéresse plus à rien
Je ne veux plus me préoccuper des idées du monde»
Pour ce rêveur, il y a bien assez
• «à faire» avec la nature,
• «à vivre» au milieu des autres,
• «à profiter» du jour et de la nuit.
Il ne peut pourtant manquer ensuite de s'interroger sur l'inéluctabilité de la mort, sur le sort de son âme et des âmes de ses ancêtres, sur l'existence même des esprits:
«Peut-être que les esprits ne sont qu'imagination
Une fidélité au vivant qui n'a pas lieu d'être
Le vivant s'éteint et disparaît
C'est tout»
Finalement il n'en croit rien, et c'est tant mieux:
«La perte de l'être aimé témoigne du contraire
L'impossibilité du vide
La persistance des instants vécus»
Présentement il conclut:
«Il pleut de grosses gouttes
Sur le trottoir, sur la chaussée
Sur le bord de la fenêtre
Sur mon âme inconsolable
D'aussi loin que je me souvienne»
Blog de

Source

Francis Richard
Blog

Stéphane Blok trinque à la santé des esprits

Stéphane Blok trinque à la santé des esprits
La vie est une feuille morte qui se pose sur le béton. Où le musicien-poète lausannois se promène pour retrouver le souffle des vivants déjà partis, et guetter les petites joies qui demeurent – l’amour et les bières fraîches notamment.
Une forme qui, se souvenant d’avoir été chant, convient à merveille au poète Stéphane Blok. Jazzman du désarroi moderne, chantre de ce qui pousse entre les immeubles, le Lausannois publie une nouvelle salve de poèmes comme autant de promenades en compagnie de quelques esprits. Vivants déjà partis, dont le souffle perdure et qu’il faut apprendre à percevoir dans le «vent sonore», dans «le bruit des gouttes de la fonte des neiges», dans le regard des oiseaux silencieux. De quoi offrir une nouvelle texture à ce présent inquiet, où les rêves s’épuisent sur les trottoirs en surchauffe.
Fidèle à son expressivité sensorielle dénuée de formalisme comme d’hermétisme, le musicien-écrivain joue de contrastes pour célébrer la profonde ambivalence du vivre: une feuille morte se pose sur le béton, des enfants s’amusent en dépit des bombes. C’est que «la vie est malheureusement belle / très belle», et qu’il suffit de savoir flâner parmi les rares joies qu’elle dispense, amour ou bières fraîches. Manière, humble et lucide, de prolonger à pied ce chemin qu’empruntaient nos fantômes. Et comme nulle empreinte ne persiste sur l’asphalte, il y a la poésie. Il y a ces poèmes.

Stéphane Blok trinque à la santé des esprits

Stéphane Blok trinque à la santé des esprits
La vie est une feuille morte qui se pose sur le béton. Où le musicien-poète lausannois se promène pour retrouver le souffle des vivants déjà partis, et guetter les petites joies qui demeurent – l’amour et les bières fraîches notamment.
Une forme qui, se souvenant d’avoir été chant, convient à merveille au poète Stéphane Blok. Jazzman du désarroi moderne, chantre de ce qui pousse entre les immeubles, le Lausannois publie une nouvelle salve de poèmes comme autant de promenades en compagnie de quelques esprits. Vivants déjà partis, dont le souffle perdure et qu’il faut apprendre à percevoir dans le «vent sonore», dans «le bruit des gouttes de la fonte des neiges», dans le regard des oiseaux silencieux. De quoi offrir une nouvelle texture à ce présent inquiet, où les rêves s’épuisent sur les trottoirs en surchauffe.
Fidèle à son expressivité sensorielle dénuée de formalisme comme d’hermétisme, le musicien-écrivain joue de contrastes pour célébrer la profonde ambivalence du vivre: une feuille morte se pose sur le béton, des enfants s’amusent en dépit des bombes. C’est que «la vie est malheureusement belle / très belle», et qu’il suffit de savoir flâner parmi les rares joies qu’elle dispense, amour ou bières fraîches. Manière, humble et lucide, de prolonger à pied ce chemin qu’empruntaient nos fantômes. Et comme nulle empreinte ne persiste sur l’asphalte, il y a la poésie. Il y a ces poèmes.

Thierry Raboud
La Liberté